» Lima Sierra Delta » #45

Bulletin périodique de propagande, publié par LSD à l'attention d'une partie de la jeunesse de France, de partout et d'ailleurs ainsi que de l'International Raya Fan-Club.
Les admiratrices et les supporters de LSD désirant se procurer les prochains numéros devront joindre nécessairement pour toute réponse, autant d'enveloppes timbrées, mentionnant destination et destinataire.
Correspondants étrangers, fournir coupons internationaux.
Contacts :
limasierradeltafanclub@gmail.com
Lima Sierra Delta, b.p. 39, 75221 Paris cedex 05, France.

     » 20-02-2004.

Vendredi. LSD était de retour à Limoges. La ville de Raff lui avait fait un bon accueil, une première fois le 24-04-1986 dans un gymnase municipal. Les fois suivantes, les concerts avaient eu lieu à la salle John Lennon.

Invité par des Limougeaux motivés de la nouvelle génération, LSD partage cette fois-ci l'affiche avec les Toulousains de Bolchoï et les Parisiens de Brixton Cats & Brigada. Ces derniers sont visiblement en pleine restructuration, Fred Alpi (merci pour l'ampli) officie désormais à la guitare tandis que Nico a pris la basse en main. Il y a deux ans, ce dernier pas encore brigadier avait interviewé TL pour son fanzine, et émis le souhait en 2003 de voir un jour BFM jouer avec LSD. Voilà, sans se presser, c'est chose faite. On a pu lire ici et là que Solen, chanteuse des Brixton citait dans sa play-list "Aujourd'hui Dans La Rue" de Wunderbach, que Bolchoï reprenait "Saint-Sauveur" et que BFM en faisait autant avec un autre classique lysergique, par conséquent, ceci expliquant cela, la programmation de LSD et de ces 3 groupes dans ce festival intitulé Weekend Sauvage ne tenait donc pas du hasard.

C'était aussi une occasion comme une autre de revoir une délégation du CAFI débarquée de Sainte-Livrade et de Crimée ainsi qu'Alain Voyer, ex-manager OTHchien venu avec un acolyte montpelliérain qui nous a refilé une compilation ep pleine de bruit et de fureur. Dans la série, soutenons ceux qui nous soutiennent : Commando Down, 7 punk HC and garage bands from Montpellier, the fucking technopole, réunissant Busker, Die Drunk, Splurge, Brain Sneakers, Kamizol, Full Of Abuse et Circlip's, soit la référence Pire Hate Rds 002 commandable à : La Voix De Son Chien, domaine de la Devèze, 34270 Lauret.

Pour finir cette chronique, faites donc un détour par l'interview promo de Joël publiée dans l'Huma du 6 juin 2003, laquelle précédait l'annulation du concert de BFM et Oberkampf à l'Elysée-Montmartre (http://www.humanite.fr/journal/2003-06-20/2003-06-20-374278) puis lisez la réponse lysergique ci-après :
Cher Joël, nous sommes étonnés que tu dises au journaliste de ce quotidien, être déçu d'avoir joué avec les PM et LSD au Bataclan en 2001, tu as peut-être préféré faire la première partie d'Offspring ? L'impression que n'es jamais content comme en 82 à l'époque où tu étais déçu d'avoir réenregistré "Couleurs" avec Alexis et Mirwais, t'aurais pas dû être déçu par ce dernier car aujourd'hui tu ferais la première partie de Madonna. Autre chose, ce n'est pas parce que t'es interviewé dans un journal communiste que tu dois te transformer en Yves Montand, on croyait que tu avais pour artiste modèle, Iggy Pop (ça doit pas être triste ses idées politiques ? Kerry ou Bush ?). Tu dis que tu n'aimes les "fachauds" dans le public, encore faudrait-il qu'il y en ait ou qu'ils viennent devant la scène pour donner du sens à ton opinion. Réfléchis, il y avait presque 1800 personnes au Bataclan. T'as-vu un seul mec raciste envers tes cheveux verts ? Nous non. Amicalement, LSD.

     » 20-05-2004.

Jeudi. La cousine Kim, ex-Witches Valley chantait sur une péniche près du pont de Tolbiac avec son nouveau groupe Mad River. Son guitariste est semble-t-il un ancien Kickback et le batteur fait de son mieux pour combler l'absence de bassiste, il s'en sort même plutôt bien. Certains morceaux comme "Love Is Pain" ou "Choice" ne sont pas du tout déplaisants et les boyfriends de Kim, il faut espérer pour eux qu'ils comprennent l'anglais.

Le groupe qui succède, s'appelle Tchiki Poum, difficile de l'occulter car il inclut Joshua, un Gallois qui porte son synthétiseur en bandoulière, ce qui est tout à fait inhabituel de la part d'un groupe apparemment garagiste. Ce jeune homme fait aussi "No Icon", fanzine anglophone pacsé à un cd vendu à un prix imbattable.

     » 28-05-2004.

Vendredi. LSD n'était pas passé à Genève depuis …1982 ! Jean-Pierre, Jean-Claude et Rikko avaient alors dans le sillage de Joey et ses Ramones, préparé le terrain dans un squat local mémorable pour sa boiserie et le parquet d'une scène lubrifiée à la bière tandis que TL était resté encaserné à Sarrebourg, sa demande de permission extra-hexagonale ayant été refusée. Cambouis lui n'avait pas vu la ville au bord du Lac depuis son stage mercenaire chez Gogol quant à Muzo, il était venu tester les lieux avec les Huit-Six un peu auparavant.

Ce concert lysergique en Suisse était donc prévisible puisque des contacts avaient été établis il y a une paire d'années, avec les représentants de Rude Boys Unity qui étaient descendus voir LSD à Avignon.

Plusieurs groupes ont partagé l'affiche avec LSD, ce soir-là , d'abord les nationaux, les Bouse Branleurs (merci encore pour les amplificateurs) et les étrangers, Cri d'Alerte, J'Aurais Voulu et Ya Basta. Cri d'Alerte sont des jeunes Iroquois de Bordeaux qui ont inclus de manière judicieuse, une reprise de l'Infanterie Sauvage à leur répertoire, de quoi les distinguer de tous leurs homologues girondins. J'aurais Voulu de Colmar, comme vous le savez déjà, a remis "Haine Haine, Haine" au goût du jour mais ce soir-là, ce qui a retenu notre attention, c'est que la formation utilisait aussi un harmoniciste, très amateur de blues et de rock and roll, ce qui est loin d'être une mauvaise option. Ya Basta plus militant que festif est conduit de façon efficace par un binôme de vocalistes, ce qui donne à l'ensemble un air de Madness syndicaliste. Nous n'avons pas encore entendu leur version de "Parti De La Jeunesse" mais elle doit promettre.

Venus de Strasbourg, Lyon, Montpellier, Marseille, Bordeaux, Ugine et ailleurs, les partisans de LSD reconnaissables, une fois de plus n'ont pas hésité à avaler les kilomètres. Même rencontré un peu plus tôt dans l'après-midi du côté de Cornavin, un ancien No Fuck Bébé de Montbéliard.

La bande des quatre de LSD est donc après deux décennies d'absence helvétique, montée sur scène vers 1h du mat', avec cette phrase dans la tête "vous êtes un mythe pour nous, je ne vous ai jamais vus avant, faut pas nous décevoir" dixit une demoiselle bordelaise présente dans les loges. Pas eu le temps de lui répondre directement qu'il n'était pas nécessaire d'idéaliser LSD pour apprécier ou déprécier LSD.

Celles et ceux qui ne se bousculaient pas au comptoir ou devant la scène ont, espérons-le, fait un détour par l'exposition photographique des voyages en Chine et au Tibet effectués par Jean-Luc Lima (www.lima-art.ch), ce jeune homme a manifestement le coup d'œil.

Également dans la salle, venu sans doute avec la Lyon Connection, Wayne de Slaughter & The Dogs qui est certainement le seul Anglais du Système Solaire à cautionner le rock and roll des mangeurs de grenouilles.