» Lima Sierra Delta » #19

Bulletin périodique de propagande, publié par LSD à l'attention d'une partie de la jeunesse de France, de partout et d'ailleurs ainsi que de l'International Raya Fan-Club.
Les admiratrices et les supporters de LSD désirant se procurer les prochains numéros devront joindre nécessairement pour toute réponse, autant d'enveloppes timbrées, mentionnant destination et destinataire.
Correspondants étrangers, fournir coupons internationaux.
Contacts :
limasierradeltafanclub@gmail.com
Lima Sierra Delta, b.p. 39, 75221 Paris cedex 05, France.

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Concerts en prévision :
12/11/91. Montpellier
16/11/92. Toulouse
23/11/91. Coutances
13/12/91. Reims
14/12/91. Ris Orangis
7/3/92. Montpellier, Zénith

L'offensive rédactionnelle du dix-neuvième bulletin a été déclenchée à la réception du courrier de Yannick M., qui rentrant d'un long séjour à l'étranger, nous demande si Lima Sierra Delta existe toujours. Le rythme de parution a toujours été irrégulier depuis septembre 86 jusqu'à maintenant, pour cause de paresse épistolaire ! Tous ceux qui comme Yannick M. veulent se procurer un tee-shirt LSD à l'effigie Kamikaze Banzaï doivent faire un chèque de 95f à l'ordre de Maximum Swing et l'envoyer à la boîte postale de Lima Sierra Delta.

Ce concert a déjà eu lieu le samedi 12 octobre à Bourges, organisé par le Détachement Féminin d'Emmetrop. En premier lieu, on aimerait féliciter Emmetrop d'avoir programmé LSD interdit de séjour à Bourges depuis 1980 ! En second lieu, à tous ceux qui en pensaient pas hier mais qui pensent aujourd'hui que LSD est une Cause à Rallier, nous disons bienvenue au club !

A Frédéric T. de Lagny, qui fera bientôt partie du Contingent Anonyme, on souhaite beaucoup de Quartier Libre.

Jeff A. du Xvème, auteur du fanzine "Tapé dans le mille", nous a posé un certain nombre de questions auxquelles nous répondrons directement :
1/ Historique de LSD : JP (guitare), Rikko (basse) et TL (guitare et voix) recrutent JC (batterie) par une petite annonce à Star's Music, Pigalle. Premières répétitions dans un local à proximité de la Place de Clichy, 17/2/79 premier concert au Forum des Cholettes, Sarcelles. Objectif début 79, squatter la musique punk, la fusionner avec le rock'n'roll fifties. A l'époque, on peut lire sur le dos de quelques mohicans de la rue du Faubourg du Temple "punk hate(s) rock". C'est seulement en 83 que Muzo rejoindra LSD en tant que saxophoniste.
2/ Du premier album jusqu'à Eddy Jones, soit durant une période allant de 81 à 86, LSD a été musicalement nourri en priorité par le rock and roll américain de Gene Vincent (56-57), par le punk-rock britannique (77-80) de Sham 69, The Jam, the Cockney Rejects, par le ska & reggae jamaïcain. Depuis 87 jusqu'à aujourd'hui, LSD s'est instruit en matière de rythm and blues et de funky beat.
3/ Banzaï en 1991, ce n'est rien d'autre qu'un nouveau parcours du combattant, une invitation musicale-suburbaine à tous ceux qui veulent bien sortir de leur léthargie punk-oïde.
4/ L'après Banzaï est en train de se concevoir aux New-York Studios, quelque part au nord de Paris, il sera beaucoup question de Japonaise Perdue dans le RER… Top secret pour l'instant.
5/ La dédicace spéciale à l'attention de François Molodoï sur Banzaï est complètement justifiée, car d'une part il a su se désolidariser de ses "commissaires politiques alternatifs", d'autre part, c'est depuis le début un grand amateur de LSD.
6/ "la Cause de Saigon" c'est oser espérer qu'un jour, le Viêt-Nam soit libéré du joug totalitaire. Saigon Oi est aussi le nom d'une future chanson de LSD en préparation.
7/ Saint Sauveur est à Paris, une rue perpendiculaire à la rue Saint Denis, entre Etienne Marcel et Réaumur-Sébastopol. Le refrain de la chanson (composée en 83, enregistrée en 84) est une supplication au Saint Sauveur (s'il existe) pour qu'il sauve tous les banlieusards, mauvais garçons et mauvaises filles en exil aux halles. La mauvais efille du second couplet était une très jeune actrice de cinéma en rupture de casting. Les mauvais garçons du premier couplet, certains ont maintenant les cheveux longs mis ils ont toujours leurs tatouages. La plupart Ont Fait Vœu de Clandestinité, impossible d'en dire plus.
8/ LSD est sur la place depuis 79, il s'agit moins de longévité que de détermination. Comme un Rebelle Afghan, rendez-vous en l'An 2000 !
9/ LSD n'a jamais été influencé par le groupe punk britannique 999, mais il se fait qu'en mars 77, JP et TL ont assisté au concert de 999 et The Jam au Nashville Rooms, en pleine période "London's burning". On n'a pas écouté les Mensi's marauders depuis 82, quand ils ont sorti "two million voices", un excellent disque. En décembre 86 on devait jouer avec les Upstarts à la Porte de Montreuil, mais ils ne sont pas venus, à la place on a eu droit à Condemned 84.
10/ Les meilleures heures du Oi britannique sont celles des compilations (81-82) où l'on peut entendre les formidables vociférations de Gary Hodges, telles que "Chaos, don't give a toss", "What a wonderful world it is !", ainsi que la poésie parlée de Gary Johnson (véritable expert en "cockney rap" à capella). Difficile de faire mieux à ce niveau. Si en France il y avait eu un Top 50 Oi, seul un artiste iranien, nommé Iman, aurait pu prétendre au titre de représentant du style à la fin des années 80.
11/ Ca fait des années qu'on a le Moral d'Acier, à quoi ça nous servirait d'avoir le Bus d'Acier ?
12/ Un deuxième album live, style "Bataclan suite", ou encore une sélection live sur une décennie, c'est possible à réaliser car nous avons le matos, mais ça ne presse pas ! Le film long-métrage sur LSD dans lequel est inclus le vidéoclip BANGKOK, dont le montage vient de se terminer, fait pour l'instant l'objet de discussions conflictuelles entre le réalisateur, Olivier S. et LSD. Cependant, pour la distribution, LSD tient à remercier : Nilar Win qui a fait tout ce chemin de Rangoon à Belleville, sans qui la séquence kickboxing n'aurait pas été 300% percutante ! Hiromi O. la "speakerine" japonaise de LSD qui est tout simplement magnifique devant le drapeau Mikado de la Nouvelle Aube ! Hmaem, Dao, Torn, les demoiselles de Chiang Hmai qui dansent le lamvong sur BANGKOK ! Ma Descheng qui joue son propre rôle historique de poète dissident chinois des Rues de Pékin ! Koo H. T. le jeune Karenni et toute sa famille du village Kayan Thar Yar ! Moua Seu, le camarade Hmong pour qui Banzaï de LSD est un opium musical ! François le Paysan l'infâme "Roudoudou", Pascal BR95 le "camarade banlieusard en tee-shirt clockwork orange", Gérald B. qui excelle dans "l'auto"-parodie situationnelle sur les "auto"-routes de son existence avec LSD en tournée au cours de la Nuit Sera Blanche !
13/ Dédicaces eurasiennes à tous les octogons, les quarterons, les métis de l'Indochine.
14/ LSD a effectué beaucoup de concerts un peu partout en France, pas évident de se rappeler la quantité, mais on n'oublie jamais la qualité anecdotique de certains gigs : Printemps 80, LSD jouait au Festival de Saint-Gratien (par un hasard de programmation, en première partie de Philippe Chatel !), les organisateurs nous demandèrent d'écourter notre prestation scénique en échange d'une gratification financière.

Bien reçu la chronique du concert LSD du 10/10 à l'Elysée Montmartre, parue dans "Combat Pop", rédigé par François G. de Saint-Brice. On attend la prochaine chronique, à bon entendeur, salut :
LA SOURIS DEGLINGUEE SERA DE NOUVEAU EN CONCERT A L'ELYSEE MONTMARTRE, PARIS, AVEC POUR INVITES LES VIERGES ET LES NAUFRAGES

Jean-Alexandre B. de Brest nous demande ce qu'on pense des groupes français qui chantent en anglais. Il est très facile d'argumenter pour ou contre ce parti-pris. Quand on veut rendre hommage de manière fidèle à un artiste étranger, il est évident que l'interprétation vocale de sa chanson doit être faite dans la langue d'origine de composition (le tout constituant un ensemble culturel). Ainsi en 79 LSD sur scène a rendu hommage à Eddie Cochran, Johnny Cash, en jouant respectivement "let's get together" et "Folson prison blues". En 84, LSD a même joué "There she goes again" de Lou Reed en rappel sur la scène du Fort d'Aubervilliers. Il est vraisemblable que certains groupes français composent en anglais à cause des qualités phonétiques de cette langue et parce qu'ils croient que l'anglais est la langue du rock and roll, de la même façon que les traditionalistes pensent que la messe doit se faire en latin. LSD chante en français parce que c'est la réalité linguistique hexagonale avant d'être un choix artistique. Le moyen le plus direct de communiquer avec nos contemporains de Lille à Paris, de Lyon à Marseille, et de Brest à Strasbourg, et jusqu'à présent cette putain de langue française. Le jour où ça changera, prévenez-nous, on se mettra au diapason.

Eric B. du Groupe Action pour l'E° du XVIIIème arrondissement veut connaître le point de vue de LSD sur l'usage de l'esperanto. Nous n'avons aucune opinion particulière sur le concept de langue auxiliaire internationale, cependant il nous semble qu'il n'y a pas de langue d'ordre prioritaire et que l'homme recherche davantage la différence linguistique dès qu'il développe un profil socio-culturel particulier ou qu'il se singularise dans sa dimension ethno-historique. L'esperanto doit-il ou peu-il "s'ingérer humanitairement" là où s'érige la tour de Babel des langues multiples, et s'imposer comme le médium de toute communication verbale et écrite ? L'esperanto composé essentiellement de racines communes aux langues latines, si cohérent soit-il pour les occidentaux, pourquoi ne tient-il pas plutôt compte des racines des langues asiatiques ? Nous n'avons pas de réponses idéales à ces questions. Certaines langues comme l'anglais, l'espagnol ou le chinois, de par le nombre de leurs locuteurs, peuvent être considérées de type espérantiste. Si LSD s'adresse à son public, principalement en français, c'est par solidarité linguistique avec la jeunesse suburbaine hexagonale, outre cela, notre "esperanto à nous", c'est évidemment la musique en tant qu'auxiliaire international ultra-sensoriel.

Nouvelle footbalistique : Philippe "Viet-Nam" de SDG Warhead a rejoint l'équipe de l'Internationale Métèque.
Scoop : Nabou et Aïta de Noiseul-Lognes, deux sisters de qualité, enregistreront d'ici peu, avec Fred M. du Studio Montmartre, une version personnalisée de Eddy Jones.

Grand Didier, ex-batteur d'Asphalt Jungle (77-78), actionnaire de la Raya, sympathisant de LSD depuis l'Opéra Night, était à l'Elysée Montmartre (10/10/91), il nous a posé quelques questions auxquelles nous répondons directement.
1/ LSD ne se souvient pas avoir choisi le groupe australien de première partie pour ce concert organisé par SDG Warhead… La politique de choix quand elle revient à LSD est toujours révélatrice et décapante, remember l'affiche de l'Olympia en 90… Pour ce qui est du deuxième concert à l'Elysée Montmartre, il y aura Les Vierges (nouvelle formation avec Cambouis à la batterie, la tapdancing girl de Soldats Perdus à la basse), ainsi que les Naufragés de Montpellier. Deux groupes réellement bienvenus en première partie de LSD.
2/ Il est vrai que LSD s'est fait connaître par un public spécifique au début des années 80, certains pour cause de Prison, Service de la Nation ou de mariage de raison e sont passablement assagis et préfèrent écouter LSD en CD à la maison ; d'autres tricards de concert à Paris, viennent voir LSD à Bourges car ils sont restés des barbares et des mutants en toute légitimité (salut à Petit-Jean et Jimy le Métis et tous les Soldats Perdus), nous tenons à rappeler que chaque concert de LSD est un rassemblement microcosmique social où tout sympathisant de LSD a une place réservée.
3/ LSD n'a jamais reçu le moindre sou du ministère de la culture, LSD ne remplit pas les conditions pour obtenir une allocation à la subversion.
4/ LSD remercie tous les sympathisants présents le 10/10/91. Côté scène, c'était le métro aux heures de pointe, avec la section cuivre sous les ordres de Muzo, pour le concert du 17/12/91, Olivier P., notre invité aux claviers prépare un petit stock de samplings pas tristes, piratés sur les anciens disques de LSD.
5/ A chaque concert, Jamais Jamais Je ne t'Oublierai est la chanson dédiée à toutes nos fiancées respectives.
6/ Le fait que tu aies acheté un billet d'entrée à ta fiancée, c'est très fair-play pour elle, pour le reste désolé, la guestlist mentale n'a pas fonctionné comme prévu ou alors tu as du oublier ton passeport Raya dans le 92.
7/ Comme tu le sais, LSD contrôle le show, cependant la Dalai Lama a dit d'une manière très juste que nous vivons tous dans un monde d'interdépendance (je rajouterai : surtout en matière de business). Sok sabai à tout le monde, Paris, Novembre 91. LSD.

Salutations à Anne-Marie N. de Villetaneuse, Françoise C. de Quimper, Kalida et Corinne de Toulouse, Stéphanie de ?, Yann H. de Gacilly, Malik C. " lacrymogènes " de Bruxelles, Jénin Arnaud J. d'Armées Vieux Brisah, Thiery L., Eric, Stéphane de Paris XVIII, Thierry B. de Thurins, Patrice Le B. de Pledran, Emmanuel L. de Reims, Jean-René O. de la Chapelle St Luc, Thierry V. de Troyes, Pierre C. de Toul, Erik K. de Roanne, Francine V. de Saint Cyr l'Ecole, Nath et Valou U. de Saint-Brieuc, Phil V. de Lille, Frédéric P. de Chaumont, Sylvain P. de Decazeville, John et K. rencontrés à Guer-Coëtcidan.

A plus. LSD Fraktion.