» Lexique » Wunderbach

Wunderbach.
Wunderbach est le prototype de groupe qui aurait dû réussir. Ils ont aligné deux albums en deux ans qui sont devenus des classiques, et qui ont été réédité (et pour une fois pas par des pirates). Mais les choses étant ce qu'elles sont, ils n'ont pu compter que sur eux-mêmes, ils se sont fait embrouiller de multiples manières, et ont disparu.
Faute d'avoir eu raison trop tôt ?
Leur origine remonte à 1978, quand Baptiste (guitare), Michel (batterie et chant) et Marco (basse au tout début, puis chant) se réuniront pour jouer ensemble. Kiki (chant), la soeur de Michel, les rejoindra en 1981, de même que Manu (guitare) et Albert (basse), qui venaient tous deux des SPOONS. Michel quittera le groupe en 1983 et sera remplacé par Cambouis. Fin 1984, c'est Manu qui quitte à son tour le groupe, ce qui provoque le split.

Marco participera aux choeurs de plusieurs enregistrements de LSD, et remplacera Taï Luc sur scène en 1982. Il écrit depuis quelques temps, des scénars de téléfilms.

Ils seront jusqu'à leur séparation l'un des groupes les plus proches de La Souris. Cambouis, qui avait auparavant joué dans ANN' ET LES FILS DE JOIE et PROP'SACK, jouera ensuite avec BOOTBOYS, PARABELLUM, KARBALA 413 et LA SOURIS DEGLINGUEE depuis le départ de Jean-Claude. (et choriste sur le premier EP des TOLBIAC'S TOADS)

Manu C. après WUNDERBACH est devenu ingéson au studio Garage puis circa 85 a joué dans OUTSIDERS avec le chanteur de MISSION IMPOSSIBLE et Ganster et Martial ex-LA HORDE et futur GANG PLUS, circa 92-94 il a monté aussi un groupe avec Tintin le tatoueur au chant, Fred ex-PICK IT UP à la basse, Philippe Maher remplacé peu de temps après par Cambouis à la batterie. Manu accompagnera LSD sur quelques morceaux live, lors du concert du Bataclan 2001, c'est lui qui avait édité un CD officiel de Wunderbach quelques années plus tôt.

Si Joe Hell (Oberkampf) a contribué aux choeurs du premier LP, ont participé aux second : Taï Luc, JP, Rico, Olive, Jean Claude, Gros François, Michel le Colonnel, Jean-Marc et Tintin.

     » Wunderbach - La Maroquinerie le 18 juin 2005 par François Guibert

Pour son cinquième et dernier concert 2005 (vingt-et-un ans après leur séparation), les Wunderbach ont fait un concert énorme, incroyable, génial et monumental. J’ai eu l’impression hier d’être « au bon endroit au bon moment », de vivre un moment mythique inoubliable. Comme si c’était une ambiance de Grand Soir. Du 100 % punk rock carré, au son énorme, avec pas un seul solo hard rock (comme c’est par exemple parfois le cas sur certains morceaux de Parabellum en live), mais de vraies bonnes guitares punk rock. Leur prestation était si puissante et parfaite que pour moi, c’est le concert punk de 2005 à Paris.

Tout était nickel dans cette soirée : pogos et danse dans tous les sens mais avec bon esprit et (quasiment) pas de mecs bourrins (à part un ou deux, mais ça s’est très vite stoppé) qui cherchaient à mettre des coups de Doc Martens gratuitement. Le set de Wunderbach était idéal, aucun morceau plus faible qu’un autre ou qui aurait sonné bizarrement, pas de temps mort, tout est allé comme sur des roulettes. Une ambiance de folie, sur scène comme dans le public.

Tout le monde prenait plaisir à jouer (pour le groupe) et à entendre (le public) ces morceaux mythiques qui faisaient la bande son keupon (avec Oberkampf et La Souris) à Paname au début des années 80. Si les morceaux studios sont déjà très bien et ancrés dans la tête des fans, là sur scène c’était encore plus fort. En gros, avec vingt ans d’expérience scénique (dans divers groupes pour chacun des membres de Wunderbach) en plus, et avec la même rage positive de leurs débuts. La frappe du batteur CAMBOUIS est forte et impeccable, à la fois pleine de rigueur et déjantée, un peu comme celle de Dynamite du groupe Bijou (dans un autre style mais avec le même esprit).

La formation 2005 de Wunderbach, c’est : MARCO (chant, looké Bernie Bonvoisin de Trust, casquette et blouson en skai noir sans manches, torse nu ; en gros, la même tenue que celle que portent les cuivres sur la vidéo du Parc des Princes 1993 de Johnny Hallyday) ; MANU CASTILLO alias TIO MANUEL (guitare, avec une veste noire très Clashienne arborant un petit logo rouge ; je pense qu’il l’avait déjà sur scène en 1982/84) ; CAMBOUIS (batteur, qui joue dans La Souris Déglinguée depuis 1994, qui a joué aussi auparavant dans Les Vierges et Parabellum ­ il a entre autres fait la batterie sur « Amsterdam » version studio).

Trois membres de la formation historique avec en renfort hier (contrairement aux quatre concerts donnés en province) la choriste KIKI. Je n’avais pas vu de photo d’elle depuis cette époque 82/84 et je me demandais comment elle était vingt ans plus tard. Eh bien, en fait, elle a un look toujours aussi super et rock’n’roll, en débardeur rose, avec son bras droit tatoué, et la même coiffure débraillée féminine que sur la pochette du CD « Wunderbach 82/84 ». Voilà pour les membres historiques. Il y avait aussi un bassiste et un second guitariste, recrutés pour cette minitournée 2005.

Ils ont joué dans l’ordre :

  • BAZUCO (instrumental)
  • AUJOURD’HUI DANS LA RUE
  • OUBLIONS L’AMERIQUE (et le passage originel « bien sûr il y a la Pologne et puis l’Afghanistan » est devenu hier « bien sûr il y a le 11 septembre et puis les talibans »)
  • PAS DE REFERENCE
  • HUGUETTE (avec en prime un nouveau couplet inédit, chanté sur un rythme reggae rock Clash)
  • PAS POUR MOI (contre le service militaire, j’adore ce texte)
  • LES VIEUX RICHES (à l’origine chanté par Kiki, là c’est Marco qui le chantait)
  • CHAROGNARD
  • GARAGE LAND (des Clash mais avec un texte en français retransmettant bien l’ambiance du texte original en anglais écrit par Joe Strummer : « C’est un peu l’histoire de tous les groupes d’ici », a dit Marco en intro)
  • PARIS LONDRES (avec le passage « 77/2005 » au lieu de « 77/80 »)
  • RAYA
  • DETOURNEMENT
  • GUARDIA CIVIL (la chanson de Tio Manuel, entre Clash et Corazon Rebelde)
  • LA FAUTE A QUI (chanté en duo entre Tio Manuel et Marco)
  • 25 ANS
  • PARIS BERLIN

    A ce moment là, KIKI arrive enfin sur scène et ne la quittera plus jusqu’à la fin du set. Elle fait donc les chœurs avec joie et bonne humeur sur :
  • I WANNA BE FREE
  • WEEK END A NANTERRE
  • BONS FRANCAIS
  • RIEN N'A ENCORE CHANGE (LSD)
  • BLITZKRIEG BOP (des Ramones)
  • PARTY IN PARIS (UK Subs)

    Et en toute fin, ils reviennent en disant « On refait ‘Aujourd’hui’ et ‘Raya’ ! » :
  • AUJOURD’HUI DANS LA RUE (avec cette fois Kiki aux chœurs)
  • RAYA (idem, avec Kiki).
Du début à la fin, je n’ai pas arrêté de danser dans tous les sens. J’étais déjà en nage au deuxième ou troisième morceau, je n’ai pas arrêté de transpirer de partout tellement il faisait chaud et on bougeait sans arrêt. C’était chouette ! J’étais quasiment devant la scène, face à Tio Manuel.

Fin connaisseur, PWOne (qui joua dans les Spoons aux côtés de Tio Manuel au début des années 80 avant la naissance de Wunderbach) m’a dit : « C’est le meilleur concert de Wunderbach que j’ai vu. »

Dans la salle, il y avait Joe Hell (chanteur d’Oberkampf) et c’était vraiment bien qu’il soit là ce soir.

En début de soirée, au resto de la Maroquinerie, quand Tio Manuel m’a présenté tour à tour à Marco et à Kiki, ils ont dit chacun : « Ah, le fameux François Guibert ! ». Kiki a même dit : « Le François Guibert que je vois sur tous les forums ! »