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New Rose.
L'histoire de cette maison de production et de distribution commence dans un magasin de disques : Music Box. Nous sommes en 1977. Patrick Mathé, ancien HEC et gérant du magasin accueille Louis Thévenon, lycéen. Ils commencent a mûrir des projets communs de label.

En 1979, Music Box ferme. Le 3 mars 1980 les deux compères inaugurent New Rose, seule boutique spécialisée dans Paris, à l'époque. Le nom était tiré de la chanson éponyme des Damned.
Des importations de punk de rock et de new wave viennent remplir les bacs du magasin situé dans le 6e arrondissement. Le succès est très rapide et des envies de création d'un label se font ressentir. L'exemple anglo-saxon donne des idées. En effet, les labels Rough Trade, Small Wonder, ont tous commencés comme disquaires. Le magasin permet également d'avoir une vitrine attenante au label.

Changement de locaux en 1989. Le nouveau Q.G. du punk rock déménage au Kremlin-Bicêtre laissant ainsi la place à Blue Moon, le New Rose rasta. Derrière le comptoir défileront des gens comme Laurent Rigoulet (journaliste à Libération), Philippe Manoeuvre (sauf erreur), Patrick Eudeline (journaliste à Best et chanteur d'Asphalt Jungle), Fabrice Ouaki (qui avant de retourner dans le giron familial des magasins Tati, s'est fait la main en fourgant des "All Skrewed Up" de toutes les couleurs), et Miss O.D., contemporaine de Métal Urbain. Le label aura pignon sur rue grâce aux relations des deux gérants mais aussi grâce a son réseau international.

La section Fan Club de New Rose servira à l'édition de bandes anciennes inédites (Chris Spending, Elliot Murphy, Taxi Girl, Marie et les Garçons.). 25 à 30% des ventes de New Rose se font à l'export. Côté scène française, on trouvera sur le catalogue des groupes comme La Souris Déglinguée, Warum Joe, Little Nemo, Asylum Party. Le label signera régulièrement des groupes français jusqu'à ce que le mouvement alternatif monte ses propres structures que New Rose distribuera.

En ce qui concerne cette distribution, New Rose est passé de 300 000 disques distribués par an en 1983 à 900 000 en 1990. New Rose sera le partenaire fiable et crédible dans la distribution des labels indépendants français (Closer, Eva, Art Traffic, Bondage, Etoile, Division Nada, Boucherie Productions...) et étrangers (Rough Trade, Beggars Banquet, remplacé aujourd'hui par Pias, One Little Indian).

New Rose assurait également la fabrication des disques, ayant négocié sans trop d'encombres le passage du vinyle au C.D. New Rose profitera ainsi d'une situation de quasi-monopole et de dynamiseur "particulièrement au niveau financier. Tous ces labels se concentraient sur l'artistique tandis que nous devions assurer l'intendance" (P. Mathé et L.Thévenon dans Yaourt n°4, avril-mai 1990).

L'aventure s'achèvera en 1992. Les majors se réveillent et de plus en plus de groupes sont attirés par le chant des sirènes, de nouveaux distributeurs arrivent sur le marché et il devient difficile de faire de la résistance face aux grossistes et grandes chaînes de magasins qui ne veulent que "du rentable" à distribuer.

Patrick Mathé fondera ensuite Last Call.

Dominique B. (future producteur financier pour LSD, de l'album Eddy Jones (87) a joué un certain rôle dans les débuts de Musicbox et New Rose ; en bas de page de la pub des concerts de LSD (début 82), outre le nom de New Rose, apparaît le nom de Celluloid/Musique Et Communication (alias... Mélodie), société pour laquelle travaillait la personnalité déjà nommée sous la direction de Gilbert Castro importateur de musique ethnique et du premier maxi de... Sham 69 (Ulster/I Don't Wanna/Red London) !