Interviews Symphonie Urbaine N°3. Nov/Dec 1984

Vous avez une sale réputation, est elle justifiée ?
Les sales réputations existent depuis le début du Rock'n'Roll.
Pendant tout un temps vous avez eu des problèmes pour jouer en concert car aucune salle ne vous acceptait, pourquoi ?
Parce qu'on avait fait un concert en janvier 81 où le patron de la salle avait paniqué en voyant le public et avait coupé l'électricité après ½ heure. Après, il n'y avait plus de salle, le public avait tout démoli ! Tous les autres patrons de salle ont alors paniqué après.

Quel est votre public ?
On joue pour les gens qui viennent nous voir ?

Vous parlez de la France dans certaines chansons, êtes-vous patriotiques ?
C'est juste une indication géographique. Si on habitait Bruxelles, je parlerais de Bruxelles.

Quel nom donnez vous à votre musique ?
C'est du Rock'n'Roll un peu dégénéré.

Pourquoi y a t'il alors des skins plutôt que des rockers à vos concerts ?
Parce que c'étaient les premiers à venir nous voir depuis 79. Les premiers concerts étaient au Gibus et je ne pense pas qu'ils venaient se regarder comme dans un miroir car j'avais alors les cheveux longs et Jean-Pierre avait une barbe. Le renouveau skin en France était en 79-80. Au Gibus c'étaient des punks et des squatters. T'as pas tellement le choix. Avant il y avait beaucoup de mecs avec des bananes et maintenant ils ont largué et ont de plus petites bananes.

On parle souvent d'une mésentente entre Oberkampf et La Souris Déglinguée. Qu'en est-il ?
On ne s'est jamais vraiment connu. On n'a pas du tout la même musique mais au départ c'était le même public.

Comment voyez-vous votre avenir ?
On n'en sait rien… On va faire un autre disque.

Quels messages contiennent vos textes ?
Avec les problèmes de sono, on n'entend rien des paroles. C'est pour ça qu'il y a les paroles sur les pochettes des disques.

Et que racontent ces paroles ?
C'est une façon de ressentir la vie. Au départ, quand tu écris un texte ça ne concerne qu'un minimum de gens. C'est quand tu as fait des concerts ou un disque que tu vois si ce que tu as dit est intéressant ou pas, au nombre de gens dans la salle. Nous somes marginaux dans notre style, on n'a pas de promo à grands moyens.

Tu dis que tu vois si ce que tu dis est intéressant au nombre de gens dans la salle. Mais peut être viennent-ils plus pour la musique ?
C'est possible, mais je crois que c'est surtout les paroles qui attirent. La musique n'est qu'un support. Les deux doivent aller ensemble. Personnellement, je crois qu'on n'est pas très originaux au point de vue musical. C'est pour ça qu'il faut essayer d'écrire de bons textes. Je ne fais qu'écrire les idées que j'ai prises à gauche et à droite.

Pourquoi chantez vous "La Varsovienne" ?
C'est un soviétique et un yougoslave qui la chantent. Le morceau, on le jouait déjà avant de les connaître (c'était une version instrumentale). Hervé, notre manager, les a rencontré par hasard et les a fait venir en studio. C'est un chant révolutionnaire à l'origine mais ils ont modifié le texte. C'était plus original d'en faire une version un peu humoristique.

Peux-tu parler des filles qui chantent sur le troisième album ?
Il y en a deux. Une fille de Nancy qui chante "Lili Marleen" -car c'était plus proche de la chanson originale si c'était chanté par une fille) et une fille qui s'appelle Marie, qui chante "Ici Paris" et "Marie-France". C'était une fille qui chantait dans ICI PARIS, un groupe qui s'est séparé et comme on aimait bien ce qu'ils faisaient, on l'a prise pour chanter sur le LP.

Une interview réalisée par Anti.