» Interviews » Multiprise. N°2. 1991

La Souris Déglinguée, c'est presque déjà un vieux groupe, et ils viennent de sortir un album. Nous avons réussi à localiser le chanteur. Speed interview… Pas évident ce soir le contact avec les groupes.

Alors ce concert ?
Déjà oublié ! Je le vis quand je suis sur scène. Là on fait des concerts très sporadiques.

Le dernier album, qu'est ce que ça change ?
Côté textes, on a le même discours et on conserve les mêmes idées. Sinon la musique évolue parce qu'on est contaminé.

Le mouvement alternatif… Vous vous situez comment par rapport à lui ?
Alternatif ? Je ne sais pas ce que ça veut dire. En fait c'est surtout relatif à un fonctionnement économique : vente de disques, esprit de petit commerce, etc… Mais ce qui m'intéresse, c'est la musique. C'est toujours un fond sonore pour la vie que tu mènes. En fait, c'est surtout les paroles qui sont prétextes à la musique.

Et côté goûts musicaux ?
Ca va te paraître paradoxal, mais je suis allé voir Public Enemy au Zénith et c'était pas une ambiance familiale. Et puis je les ai rencontré à Bourges, en backstage. J'ai passé la journée avec eux : grand moment !

Que penses tu de leur discours ?
Ils ont un franc discours pour la race noire. Et je pense que quand tu es en France, il faut être fier de là où tu habites.

Et si tu es de nulle part ?
Tu sais, moi je suis de nulle part. Mi-français, mi-Vietnam… Mon rêve c'est d'aller en vacances au Vietnam, j'y suis jamais allé. Mais on est bien ici ; plus démocratique que la France, tu meurs.

Tu trouves donc qu'on n'est pas si mal ?
Globalement en France, on peut s'exprimer, par rapport aux autres pays.

Pas de rébellion ?
Sur des points précis, oui. Mais on vit dans un pays en paix depuis un moment : 30 ans de tranquillité, c'est appréciable !

Tu n'as pas un petit scoop pour la fin de l'interview ?
J'y pensais, vous êtes sympa, attendez moi là je vais vous chercher les paroles des deux nouveaux morceaux qu'on a joué ce soir.

Chouette alors !!!