» Interviews » Longueur d'Ondes N°21. 1988

Quand le chat n'est pas là…
"Eddy Jones", le dernier album de La Souris Déglinguée, a débarqué sur nos platines comme quelque chose "d'évolutif". D'aucuns ont dit "rétrograde", d'autres "classique". Vrai que même le look, tout en restant "rock in" a viré un quart de tour vers le swing-gomina branché baskets, son et riffs des années 60. Le cri de la guitare le soir au début des amplis n'est plus ce qu'il était. Reste que La Souris grignote toujours sa part du gruyère. Attention au fait pour les trous les gars, y'en aura peut être pas pour tout le monde. A part ça, côté tête froide, ça va encore. Jusqu'à quand ?

Etre les chouchous de la presse rock, ça vous fait quoi ?
Rien, les remarques que font les journalistes ne sont pas indulgentes, à force d'enfoncer des portes, elles s'ouvrent naturellement. Et au niveau de la presse, on peut estimer que l'on a nos entrées. On a imposé des normes, et elles sont artistiques et tout à fait reconnues.

"Eddy Jones" est un peu surprenant par rapport à ce que vous aviez fait avant. C'est un virage ou une évolution normale ?
C'est un morceau qu'on répétait à l'époque, avant de l'enregistrer. Ce n'est pas un calcul spécial. Sur scène on a toujours le son d'avant !

Et le prochain ?
Il sera dans la même lignée. On a toujours eu envie de faire un morceau style fin des années 40. Je ne dis pas un morceau Django Reinhardt, il faut avoir les doigts en moins et habiter dans une roulotte pour le faire, mais dans cette ambiance là. Avant, on n'avait pas les moyens de faire ça, on ne connaissait pas de saxophoniste ou de clarinettiste. Avec le temps on a trouvé. C'est dur à trouver un sax, c'est un instrument qui coûte très cher et il faut que le type ait suivi des cours, ce qui n'est pas le cas pour les gens qui commencent par la guitare ou la batterie.

Vous suivez les ventes de disques ?
Les ventes de disques sont très honorables pour un groupe français. Si on veut dépasser cette honorabilité, il faut maintenant que l'on allie nos forces avec un label capitaliste, c'est la seule façon de faire avancer les choses !