» Interviews » LE DEKAPSULEUR. N°6. Octobre 1985

LSD : ON NE LES PRESENTE PLUS. TOUT LE MONDE CONNAIT. ON AIME OU ON N’AIME PAS, MAIS ON CONNAIT... TAI LUC guitare/chant ; RIKKO basse ; JEAN-PIERRE guitare ; JEAN-CLAUDE batterie et MICHEL saxo. C’EST PLUS QU’UN GROUPE... C’EST UN PORTE PAROLES, UN SYMBOLE. C’EST LA RUE, LES COPAINS, LA JEUNESSE ET L’AMITIE. 79.... 85, RIEN N’A CHANGE ; PAS DE VEDETTARIAT MALSAIN, PAS DE CONCESSIONS. SIMPLICITE ET AUTHENTICITE GARANTIES... ET POUR LE RESTE, VOYONS UN PEU CA...

Depuis 81 vous sortez un disque par an. Quelle ponctualité !
Tai Luc : La ponctualité, c’est qu’on peut vraiment pas faire mieux. Si tu connais un groupe qui fait mieux, présente le nous !
Rikko : Un disque par an, et un label différent à chaque fois... Oui, et que des 33t...
TL : Le problème du 45t, c’est que ça se vole trop vite...
R : Si c’était un bon plan dans les années 60, où on mettait LE tube sur 45, ça l’est moins maintenant.
TL : On en a fait un au tout début pour percer les médias. Maintenant, il y a aussi le problème de la distribution. Ca marche moins bien que les 33t. On note un changement musical dans « La cité des anges ».

Evolution ou intermède ?
TL : Si un concert est une performance, un disque est une expérience...
Jean-Pierre : On a peut être essayé d’être plus achetable...
TL : Et comme on l’entend toujours pas à la radio, c’est bon signe !
R : C’est un peu une tentative... Mais c’est pareil qu’avant dans l’ensemble, on a mis un peu de jazz dessus, c’est tout. Tu viens d’assister à une répétition... chaotique... On n’a pas changé.

OK, mais les claquettes, le piano ou bien Michel au Sax, c’est quand même du nouveau !
JP : Les claquettes, c’est pas notre faute, c’est un coup fourré qu’on nous a fait. A notre insu ; même si au départ c’était une bonne idée. Ca a mal été exploité. Michel il était déjà présent sur le précédent 33t. Moins présent, mais il était là.

Côté paroles, rien n’a changé. C’est toujours la rue, les copains... C’est important pour vous ?

TL : Oui. On dit seulement la vérité... Même si les gens n’aiment pas, ils ne peuvent pas le nier. On décrit plus qu’autre chose ; et quand on fait ce que l’on fait, avec les moyens du bord, il faut employer un language simple.

On te reproche parfois l’ambiguïté de tes textes. D’un côté, on a des chansons comme « Yasmina » ou « Coeur de Bouddha », et de l’autre « Soldats perdus » ou « En France »...
TL : Ce n’est que des visions de la vie... des descriptions sensées, vraies. Tu les interprètes ensuite comme tu veux. Mais dans la mesure où je n’écris pas de paroles discriminatoires, je n’ai rien à me reprocher.

Mais l’étiquette de groupe skin qu’on vous a souvent collé ?
TL : Je vais te dire, Jean-Claude ne connaît même pas les RAMONES... alors les 4 SKINS !!!
JP : C’est un concours de circonstances... Le public qui vient à nos concerts est bigarré... Y’a des pounks, des skinheads... Ouaih, pas mal de skinheads... On est mal barré !
TL : En province, on a un public plus mélangé. A Paris c’est plutôt un public « football ».Ceci-dit, nos concerts se passent mieux qu’un match de foot !

OK, mais vous avez longtemps trainé une sale réputation.
R : Tout ça à cause d’un concert à l’Opéra Night en 81, qui s’était mal passé. Assez destroy ! Ca nous a valu notre perte... ou notre gloire, on sait pas. Car ensuite, nos concerts étaient synonymes de baston.
JP : Oooooouuuaaaiihhh !

Pour en revenir au 33t, on a l’impression que vous avez voulu élargir votre audience.
TL : Peut être, mais prend n’importe quel groupe... par exemple SKREWDRIVER, je suis sur qu’ils veulent élargir leur public, dans le sens où eux le perçoivent. Au lieu d’avoir 500 personnes devant la scène, en avoir 3000 dans le même style.

Comment expliquez-vous l’indifférence des médias à votre égard ?
TL : Quand un groupe perce, ça intéresse tout le monde. On voit ça d’un oeil curieux, complaisant. Après 3, 4 ans, les journalistes décrochent.

Et malgré ça on peut dire que vous avez réussi.
TL : Par rapport à d’autres groupes plus misérables que nous, on est arrivé à quelque chose.
R : On arrive à sortir un disque par an... et qui se vend.
JP : On a même fait de la télé avec J. MARTIN !
TL : Non, la télé, ça ne marche pas, car on n’est pas des copains à Mourousi.

LSD à l’étranger.
JP : Aaaaah très bonne question. On a fait un concert à Genève en 82, et sans Tai Luc qui était à l’armée.
TL : Il y a 3 LSD à Bangkok, 2 à Pékin et 1 à Moscou. Comme tu vois, on a une super distribution !

Et tourner en Europe ?
TL : Aucun groupe français peut tourner en Europe d’une façon décente. Mais vous êtes un groupe connu, bien assis...
JP : Euh, ouaih... on est assis par terre !
TL : Peut être l’Espagne bientôt...
R : De toute façon, on veut bien jouer partout !

L’avenir de LSD.
JP : Hum... Un triple album, disque d’or. ........... Marque disque d’or !
TL : Un maxi en fer.
JP : Oooouuaaiih, un maxi d’enfer.
TL : On enregistre un titre pour la compilation « LES HEROS DU PEUPLE SONT IMMORTELS ». Un nouveau morceau qui s’appelle « aucun regret ».

Et un 33t pour quand ?
TL : Ca ne saurait tarder, vu que l’on fait un 33t par an...