» Interviews » Fiesta. #3, septembre 1993.
Est-il nécessaire de présenter La Souris Déglinguée ? LSD est un des premiers groupes souterrains français et certainement le dernier de la fin des 70's existant encore. Malgré une image toujours assez controversée (ce qui lui a valu d'être plus ou moins boycotté des zines pendant une certaine période), La Souris continue son chemin en ayant accepté son public, même le pire. Les textes parlent toujours de la réalité, du concret, du voyage, du VECU, de la jeunesse, de la France, de l'Asie. La Souris, groupe cosmopolite, toujours sans étiquette politique (n'en déplaise à certains !), musicale (LSD a su éviter de se cantonner à un style musical bien défini - punk, oi, rap, reggae, jazzy, swing, bop…), et look, demeure un groupe résolument à part et internationaliste. L'interview a été réalisée le 12/12/92, à la MJC de Maison-Alfort, 94, banlieue de Paris, capitale provinciale de l'Empire Eurasiatique. Elle est dédiée à une partie de la jeunesse de France, de partout et d'ailleurs, et de l'International Raya Fan Club.


Présentation.
C'est Tai Luc qui parle, c'est Bernard qui filme, c'est Rico qui prépare la liste des invités avec Bernadette, puis Béatrice..

C'est pour quoi la vidéo ?
On collectionne les bandes qui nous concernent. Et un jour on fera quelque chose avec. C'est ce qu'on a fait avec la vidéo de Rangoon-Lhasa, qu'on a fait il y a 6 mois. T'as une partie qui est cinématographique et puis t'en as une autre, c'est du matériel comme ça.

Rapide historique du groupe ?
Ca démarre en 79, ça continue en 92. On a démarré avec pleins de groupes et maintenant il n'y a plus personne sur la ligne d'arrivée.

Comment avez-vous vécu l'évolution de la scène rock française depuis les débuts ?
On l'a vécu à notre manière, à notre vitesse, et justement sans trop tenir compte de son existence. Parce que les gens qui étaient inclus dans un mouvement et qui ont puisé leurs forces justement dans ce mouvement, aujourd'hui quand ce mouvement n'est plus au rendez-vous, ils ne sont plus là non plus. Alors que nous, on était pas là dans des mouvements particuliers, on est toujours là.

J'ai l'impression que vous avez toujours voulu vous tenir plus ou moins à l'écart de cette scène, pourquoi ?
C'est pas qu'on a voulu se tenir à l'écart, c'est que par notre profil disons musical, et les idées exprimées, on était plutôt mis à l'écart. Voilà.

Vous ne vous y retrouvez pas en fait ?

Non, et puis je crois qu'on a développé une certaine forme de particularisme.

Quels sont vos influences et groupes favoris ?
Moi j'écoutais de tout en matière de Rock'n'Roll. Ca serait trop long pour énumérer. Il faudrait un bottin pour écrire tout ça. Le rock'n'roll si tu veux.

En gros, quels sont vos groupes phares ?

Non non, je ne vais pas dévoiler la potion secrète de ce qu'on fait. Mais en matière de rock'n'roll, je crois qu'on connaît beaucoup de choses. On a écouté beaucoup de choses. On a vu beaucoup de groupes. En matière de punk aussi.

En fait, influences R'n'R et punk ?

Ouais, c'est ça. Et puis après ça débouche sur autre chose. Parce que d'un simple point de vue technique, quand tu t'amuses à programmer une boite à rythmes ou quand tu demandes à un batteur de jouer, tu fais un truc de R'n'R ou bien que ce soit Rockab', Psycho et tout, tu ralentis le tempo, donc le batteur joue moins vite, après ça devient du reggae. Donc c'est là qu'il faut se poser des questions : qu'est ce que le R'n'R ? Qu'est ce que le beat du reggae ? Est-ce que la différence c'est seulement une histoire de vitesse ? c'est tout.
Et la musique, c'est un peu ça. D'un point de vue technique, ça ne réserve pas tellement de surprise, parce qu'en fait ça se résume à peu de choses. Par contre, ce qui est original dans les groupes souvent, c'est certains arrangements musicaux, au niveau de la mélodie, des harmonie, et puis surtout au niveau des textes. C'est ça qui fait qu'un groupe se distingue d'un autre, c'est quand celui qui est chargé de faire les textes fait un effort pour les écrire.

Quel est le meilleur souvenir d'un concert ?
Moi les concerts, je les oublie progressivement les uns après les autres. Et je crois que le meilleur concert c'est celui qu'on va faire ce soir.

Et le pire ?
On n'a jamais fait de concert pire au sens dramatique, où il y a eu des homicides involontaires. Et ça je tiens toujours à le rappeler aux gens qui ont une certaine appréhension à venir aux concerts. C'est que le seul mort qu'il y ait eu à un concert, c'était au concert de Téléphone en 77. Et c'était un concert de Téléphone, pas au nôtre !

D'où te vient l'inspiration pour les textes ?
Je ne me casse pas la tête, je fais appel à des souvenirs collectifs. Il y a certains événements, par leur qualité plus que par leur actualité, ça veut dire que ça peut être des événements qui se sont passés il y a 10, 20, 30, 40 ans, ou simplement 2 mois, et quand ça me touche parce que je trouve qu'il y a une force dans ces événements, et bien effectivement ça peut produire des chansons comme "les Rues de Pékin". Quand t'écris un texte, pour que la chanson sonne vrai, il faut que ça se passe comme ça., sinon c'est un roman, c'est de la littérature.

Tu vas souvent en Asie ?
Dès que financièrement c'est possible, j'y vais, ouais bien sûr.

Et t'es allé dans quels pays ?
Thaïlande, Birmanie, Tibet, Chine, Mongolie, URSS, …

Et tu parles plusieurs langues ?
Je parle plusieurs langues, mais j'en cause pas une seul bien. Si tu veux, je suis pas perdu, je suis dans la forêt, je suis jamais perdu.

Pourquoi ne prêtez-vous pas plus attention au prix des places de vos concerts, qui est en général à 80, 90 F, ce qui est assez cher ?
Dans la vie, tout coûte cher de toutes façons. On a rempli un petit contrat avant de venir ici, et on a demandé à moi et à mes copains "quel était le prix des places qu'on voulait pratiquer". Et nous n'avions aucun idée à ce sujet là. Et je crois que ce n'est pas ça qui est important. Ca c'est une question à résoudre avant de venir au concert.

A combien de ventes en est l'album "Banzai" ?
On a vendu beaucoup de "Banzai", mais on est en conflit avec la maison de disques (ndlr : Musidisc) parce que je pense qu'il y a eu une tricherie. A ce niveau là, il y a eu une "great R'n'R swindle", c'est la grande escroquerie du Rock'n'Roll. Les rapports que les groupes ont avec les maisons de disques ne sont jamais très, très francs. Nous, on a une certaine franchise au niveau de l'expression musicale, mais eux contractuellement, ils essaient toujours de nous avoir. Ce qui fait que je ne pourrai jamais réellement te dire les ventes de "Banzai". Mais, par rapport aux bruits que t'as entendu sur le chiffre atteint, il y a une moyenne à faire entre les 30 000 et les 60 000.

Comment t'expliques ce succès ?
Je n'explique rien. J'ai pas contribué à ce succès. La vente d'un disque, c'est le travail de la maison de disques. Sinon, tu peux avoir du succès sans faire de disque aussi. Nous, pendant les années 79 à 81, on n'a pas fait de disque. Ca n'empêche pas les gens, quand ils venaient aux concerts, comme quand on a joué à l'Opéra Night le 7/1/81, ils connaissaient tous les morceaux. C'est pas le problème. La réussite commerciale, c'est complètement artificiel. C'est parce que t'as des gens qui ont investi de l'argent sur toi, ils ont payé des encarts de pub et tout, et après t'as un rendu qui fabrique la réussite professionnelle. Mais ça, disons que matériellement, c'est beau, mais c'est complètement factice. Quand tu sais comment ça fonctionne, tu rigoles.
Et puis, de toutes façons, je sais que tu fais un fanzine sur la musique, et moi que je joue dans un groupe avec mes collègues, mais dans la vie ce n'est pas ce qui est le plus important. Ce qui est le plus important dans la vie, c'est justement d'avoir la chance d'exprimer tes idées, et de les vivre. C'est ça qui est important. C'est à dire que moi, quand j'écris une chanson, au niveau du texte, tu ne peux pas imaginer combien il y a de voyages derrière. Que ce soit pour une traversée de la banlieue, une traversée de la France, une traverse de l'Asie. "Le Grand Voyage", c'est pas une chanson gratuite, chaque mot qui est dans la chanson, je sais ce que ça veut dire ! Et les gens qui ont eu la chance de faire la même chose que moi, ils savent que la chanson est authentique, véridique.

Est-ce que vous vivez du groupe ?

Il y a des jours avec et des jours sans. On est un groupe qui n'a pas trop à se plaindre.

Est-ce qu'il y a des membres du groupe qui travaillent à côté ?
Ca dépend des gens du groupe, ça dépend du standing que tu veux avoir. Mais là, tu rentres dans des considérations qui n'ont rien à voir avec la musique. Là, c'est un déballage que tu fais quand tu vas à l'Agence Nationale Pour l'Emploi.

Nous avons demandé à Tai Luc ce qu'il pensait de certaines personnes qui qualifiaient LSD de groupe ambigu à une certaine époque. Pour éviter que l'interview ne prenne la tournure d'une "justification" trop longue, nous avons sélectionné certains passages de sa réponse :
"… je suis né de père vietnamien et de mère française. Mon père est venu en France, je suis né en France… Normalement, j'aurais dû naître en Asie, je suis là par hasard… Et il y a beaucoup de gens qui peuvent se poser des questions sur le sens de certains textes, mais le plus souvent ils sont dans l'erreur. Ils analysent mal ce que l'on fait, ce qui aboutit à de fausses images du groupe. De toutes façons, c'est le paradoxe de l'artiste qui est celui des images qui se fabriquent à partir du groupe qu'il y a sur scène et des gens qui viennent voir le groupe…. C'est simple, j'écris sur ce que je vis, c'est à dire en France, et j'écris sur d'où je viens, c'est à dire l'Asie. Et si c'est ça l'ambiguïté, et bien ça va durer encore longtemps. Mais comme je te l'ai dit, je considère que faire un concert, faire un groupe, faire un fanzine, ce n'est pas important. Autrement dit, réfléchir sur tout ça, c'est encore moins important. Les gens qui se posent des questions sur ce qui n'a pas d'importance, ça échappe à ma conscience. Je suis loin de tout ça. C'est bizarre parce que je suis dans un groupe, je joue de la guitare, ce soir je vais jouer pendant 1h1/2, mais moi je suis à des kilomètres de tout ça ! Mais ça me plait bien de jouer de la guitare, mais il n'y a pas que ça dans la vie (…). Je ne fais pas de la démagogie. Le peuple je m'en fous, je ne sais pas ce que c'est que le peuple. Je ne suis pas là pour faire plaisir aux gens. Par contre, dans les chansons, j'essaie toujours de rendre hommage à des gens qui nous ont vachement aidé. Des gens qui peuvent être contestables, ou qui peuvent être vachement aimables. Mais du moment que j'ai décidé qu'il fallait que je les respecte, je les respecte… Bon, je ne vais pas te dire qui c'est, dans les chansons c'est globalisant. Je ne veux pas m'expliquer non plus. Tu vois, en 79, il y a eu une chanson qui s'appelait "Yasmina" et il n'y a personne qui m'a dit "pourquoi t'as fait une chanson sur une petite reubeu des cités ?"… Simplement, je te dirai la même chose, comme il n'y a personne qui me pose des questions là dessus, je vois pas pourquoi je répondrais sur "Saint-Sauveur" ou "Soldats Perdus". Si tu veux, au niveau de ce que je fais, je suis l'avocat du diable ! Mais bon, à chacun son truc. Il y en a c'est de faire rire les gens, il y en a c'est de jouer du violon sur scène, mais moi c'est pas ça… généralement les gens qui développent les rumeurs ne connaissent pas les textes. Ils développent des opinions sur le groupe par rapport à des époques qu'ils n'ont pas vécu."

On ne parle plus de la Chine depuis les événements de Pékin. Vous avez fait un titre dessus : "les Rues de Pékin", tu es peut être plus au courant des problèmes en Chine ?

Ouais, j'étais en liaison permanente, on connaît pas mal de gens là bas qui nous téléphonaient tous les jours de Pékin. Donc j'étais au courant. Et puis là, je sais pas si t'as vu à la balance, t'as un jeune homme qui a participé aussi à l'enregistrement, il s'appelle Ma Desheng et lui ça fait une dizaine d'années que je le connais, depuis 81. Si tu veux, là c'est pareil, "pourquoi avez-vous fait une chanson sur les événements de la place Tien An Men ? Pourquoi y a t'il un chinois qui est venu chanter avec vous ? Pourquoi ci, Pourquoi ça ?" Peut être que parmi les gens qui répandent des rumeurs sur nous, il y en a qui trouvent que c'est bien qu'en 89 le gouvernement chinois ait tué beaucoup de gens sur la place Tien An Men ? Peut-être qu'il y en a qui pensent ça après tout ? Mais là, je ne pourrais jamais être d'accord avec eux, parce que moi je dis que c'est un crime !
Je m'amuse un peu là, je fais de la rhétorique. Je voudrais que les gens qui répandent des rumeurs sur nous aient un peu, au moins, le courage de leurs idées à eux, au lieu de déformer l'image du groupe. Mais je ne pense pas qu'ils aient le courage de leurs idées.

Et comment est la situation en Chine maintenant ?
En Chine, le gros problème c'est que c'est une dictature qui marche malheureusement. Vu qu'il y a une certaine forme de libéralisme économique, que les gens peuvent faire un peu d'économie de marché à leur échelle, du coup il n'y a pas de gens qui crèvent de faim. Donc, le problème de la dictature en Chine est très difficile à résoudre. Dans la mesure où les gens en Chine ont plus des préoccupations de réussite économique que de liberté démocratique, et ça c'est le problème des chinois.

A ton avis, ça n'évoluera pas alors, en fait ?
Non, je ne suis pas chinois, mon père est vietnamien. Je ne sais pas, je ne suis pas devin. Mais j'ai bien peur qu'en Chine, la dictature a bien emmuré les gens intellectuellement. En Asie, les seuls pays qui marchent sont ceux où tu as une dictature politique, une absence de démocratie, et une certaine forme de liberté économique. C'est malheureux à dire, mais c'est ça.
Ce qui m'avait paru bizarre, c'est que quand j'avais discuté avec un chinois des événements de Pékin, il pensait que justement s'il y avait eu des événements, c'est parce que le gouvernement n'était pas assez dur.
Ca c'est ce qu'on appelle des chinois qui sont légitimistes, c'est à dire qu'ils adoptent le point de vue officiel du gouvernement. Mais en France, t'as aussi pleins de gens de droite et de gauche qui pensent que la Chine doit rester une dictature, bien muselée, bien contrôlée.

La chanson "Relou" c'est pour qui ?
"Relou" c'est pour un copain, un de nos fidèles supporters des années 80 et qui officie maintenant dans différents sound-systems et qui toaste remarquablement bien. Il a fait une chanson qui s'appelle "Arabica", c'est un jeune homme qui s'appelle Peter Brada. Ensuite il y a une autre personne qui est mentionnée dans la chanson "Relou", comme la première que je viens de citer, et je profite aussi de l'interview pour leur faire une petite dédicace très, très spéciale. C'est lord Zelko qui est programmateur sur Radio Nova et qui est aussi le DJ du sound-system King Dragon. Ces deux personnes que j'ai cité, c'est les anciens du noyau dur qui défend La Souris.

Je crois que la voix de la fille qui chante sur Rangoon-Lhasa a été enregistrée en Birmanie ?
Absolument, ouais. Donc elle n'est pas là ce soir, elle est restée en Birmanie.

Et il n'y a pas une autre personne qui peut faire la voix en concert ?
Non, c'est impossible. Et ce serait très dur techniquement.

Pourquoi vous voit-on si peu dans les zines ?

Justement, je pense qu'il va y avoir un excellent article sur nous dans "Maximum Rock'n'Roll", que j'invite tout le monde à acheter au mois de janvier 93, qui a été écrit par Luk Haas, qui est un correspondant du fanzine américain. Donc voilà. Et puis je crois qu'un fanzine, c'est fait pour les groupes qui démarrent. Nous on n'est pas un groupe qui démarre, on est un groupe qui persiste. Donc on n'a pas à envahir les fanzines. Les fanzines c'est la première marche pour les groupes. On n'a pas à squatter les fanzines. Nous, on a d'autres trucs à faire. Par exemple, quand la maison de disques refuse de produire notre bulletin d'info, et bien nous on doit le produire. On doit faire parler de nous d'une manière plus à notre niveau. Il faut qu'on fasse des fanzines vidéo, cinématographiques. Par exemple, comme ça ! (ndlr : désignant Bernard qui est en train de filmer l'interview)

Le prochain album c'est pour quand ?
T'as une compilation qui s'appelle "I only play rock'n'roll for kids…" qui est un hommage rendu à Johnny Thunders par différents groupes français et étrangers. Il y aura un morceau qui s'appelle "Fille de New-York". Le prochain album de La Souris, ça va être un remix d' "Aujourd'hui et Demain" 83 qui sortira en 93. Il y aura des nouveaux mix. Mais, ça va faire très très mal, car en 83 c'était l'empire de la drogue pour les ingénieurs du son, mais en 93, les mêmes ingénieurs du son sont moins accoutumés aux psychotropes, donc ils vont produire un meilleur travail. Et c'est là que le disque "Aujourd'hui et Demain" que t'as écouté il y a très, très, longtemps, qui était un disque Punk. par excellence, qui était déjà criminogéne, et bien en 93, ça va devenir un album non seulement criminogène mais aussi très dangereux ! Parce que les gens vont enfin entendre les paroles qu'il y avait dessus, et entendre les instruments qui ont été enregistrés à l'époque et qui à cause de la condition de drogué des ingénieurs du son, n'avaient pas rendu l'effet voulu.

Il est bon quand même comme album.
Ouais, il est bon, mais là il va être meilleur. Il va être encore plus dangereux.

Les morceaux sont pareils musicalement ?
Il n'y aura pas de tricherie parce que les instruments sont ceux qu'on avait à l'époque. Mais attention, le mix va être terrible pour beaucoup de gens ! Les gens vont avoir mal aux oreilles ! Et pour ça, j'aimerais dire merci au Studio Garage.

Sinon il n'y a pas de nouveaux morceaux composés depuis "Banzai" ?
Si, il y en a pleins. Mais ça c'est du domaine du secret. Enfin, le secret, on peut l'éventer. Alors t'as une chanson qui va d'appeler "Sabailand", c'est la suite de "Bangkok" grosso-modo. Il y en a une autre qui va s'appeler "Kuomintang", qui est un hommage aux armées du Kuomintang qui se sont réfugiées en Birmanie en 1949. Une autre qui s'appellera "Perdue Dans le R.E.R" qui un hommage rendu à une jeune fille japonaise qui s'est faite assassiner à Genevilliers à la station RER. Comme quoi il y a des salauds sur terre.

Si t'avais "Une Cause à Rallier" ce serait quoi ?
Je ferais en sorte que la France, note bien ça, ça devienne la Mongolie ! Je l'ai dit dans un bulletin d'information qui s'appelle Lima Sierra Delta N°22. Ca serait la solution à tous les problèmes actuels, sociaux, politiques, urbains. Il ne faut pas oublier que le mot politique vient du grec "polis" qui veut dire la ville. Donc tout ce qui est politique, c'est toujours des problèmes à cause des villes, puisque ça naît dans les villes, sur la place publique, l'agora. Et moi, je crois que la meilleure façon de résoudre tous les problèmes qu'il y a dans une ville ou des cités, c'est de tout raser ! Il faut raser les villes ! Lyon, Marseille, Paris, Brest, Toulouse, Montpellier… Il faut tout raser ! Et après tu transformes tout, tu fais des pâturages dessus, et ça c'est ce que faisaient les mongols. Quand ils envahissaient une ville, ils la pillaient de fond en comble, et après leur ambition n'était pas de l'habiter, mais de la raser. Et après de mettre des pâturages, faire paître des troupeaux… Et je crois que c'est ce qu'il y aurait de mieux à faire en France. Et tout le monde à cheval, d'ailleurs il y a Alain des Vierges qui était venu nous voir en concert à Montpellier à cheval. Et tout le monde habitant dans des yourtes.

C'est quoi les yourtes ?
C'est le principal habitat mongol, c'est la tente. Voilà mon souhait le plus vif pour les années à venir. Les prochains concerts auront lieu sous une toile de tente aussi, parce qu'il n'y aura plus de ville, plus rien. Et puis aussi des fanzines écrits sur des peaux de bêtes.

Le mot de la fin ?

Et bien, on peut recommencer l'interview si tu veux ! (rires)
Interview réalisée par Guillaume et Géraldine