Interviews Le Démoniaque. N° 2 . 1984
L.S.D. Inutile de présenter, tout le monde connaît. Certains haïssent, d'autres vénèrent. Rikko à la basse, Jean-Pierre et Tai-luc aux guitares, Jean-Claude à la batterie, Hervé manager et puis tous les autres, les copains dont on entend le nom lors des concerts, ou qui figurent au dos des pochettes. L.S.D., une musique bien à vous désormais et pour beaucoup un symbole.

Le Démoniaque: Les origines ?
L.S.D.: Nous avons commencé en tapant sur la table pendant les cours de math, et puis après on évolue...

Le D: Les influences ?
L.S.D.: Notre première influence, c'est le Rock'n'roll. Les gens appellent ça comme ils veulent, dégénéré ou speedé, ça les regarde.

Le D: Les textes ?
L.S.D.: C'est Tai, sauf un (Tendance négative) qui a été écrit par Francis Laville, mais il n'a pas été payé, on a dû récrire le texte.

Le D: C'est manifeste, vous n'êtes pas un groupe raciste (Yasmina), mais certains vous étiquettent nationalistes (En France, Nation) ?
L.S.D.: Nous ne prenons parti pour personne. Les gens qui nous prennent pour des nationalistes ne comprennent rien ou n'écoutent pas les paroles. C'est peut-être ambigu, mais nous ne sommes pas spécialement patriotes.

Le D: Vos paroles sont-elles bien perçues par le public ?
L.S.D.: Oui, sinon cela se serait su.

Le D: La zone, c'est quoi pour vous ?
L.S.D.: Quand on parle de la zone, faut pas voir le mec qui chôme et qui traîne toute la journée. C'est géographique, c'est tout. (Banlieue rouge).

Le D: Et les punks, 77, Les Sex ?
L.S.D.: On n'a jamais été un groupe punk ! En 79 quand on a commencé, il y avait tous les futurs Skins des Halles. Jean-Claude par exemple ne voulait pas entendre parler du Punk. Only Rock'n roll !

Le D: Les concerts ?
L.S.D.: On en a fait une centaine.

Le D: que s'est-il passé à l'opéra Night ?
L.S.D.: on devait jouer à 2IH et on est passé à minuit, alors les gens se sont quelque peu énervés. Au bout d'une 1/2 heure le patron nous a coupé le son et il n'a pas voulu le rallumer. Il n'y a eu que des dégats matériels ou presque. Ensuite, nous avons été interdits sur Paris, puis, cela a débordé sur la province (réputation). Deux cas se présentaient: soit l'organisateur ne voulait pas prendre de risques, soit les gens qui venaient voulaient être à la hauteur de la réputation et foutaient le bordel. Mais, y'a jamais eu autant de dégats qu'à Paris.

Le D: Et les squatts ?

L.S.D.: Très bien, c'étaient de bons concerts.

Le D: Vos disques se sont vendus a combien d'exemplaires ?
L.S.D.: Un 45T (500 environ) vendu de la main à la main et désormais introuvable. Les trois 33T: Le premier, 7000 il y a plus d'un an. Le deuxième 4000 et le dernier 3500 environ. (Tout ça pour dire que beaucoup de monde écoute La Souris).
Hervé : Désormais, les gens vivent avec La Souris.

Le D: Les copains ?
L.S.D.: Y a que ça de vrai. T'es toujours content de les voir !

Le D: Un disque sous presse ?
L.S.D.: Chacun sait très bien que quoi qu'il arrive, nous sortons un disque par an.

Le D: Malgré une influence sur beaucoup, vous n'arrivez pas à vivre de votre musique, pourquoi ?
L.S.D.: Nous commençons, bientôt cela fera boule de neige. Nous préférons y aller tranquille, mais on y arrivera. On continue !

Le D: Projetez-vous des concerts ?
L.S.D.: Nous partons visiter la France. On veut montrer qu'on peut y arriver, qu'on peut faire une tournée française.

Et oui, c'est fini ! c'est peut-être un peu court pour une interview de La Souris, mais entre nous, ce soir là, on a préféré écouter plutôt que bavarder, car La Souris en répét c'est comme La Souris en concert. Pas un couac, des pros quoi.