Interviews Bruits & graffitis. N° 3 . 1 Février 1984
Ca fait un moment que je peux lire sur les murs de Paris : "L.S.D." et puis qu'aujourd'hui, elle et lui et toi et moi, on est toujours des étrangers. Seulement, voilà ! Demain, "Le parti de la jeunesse" bourdonnera encore dans nos oreilles. Alors, comme vous et eux on se pourlèche les babines de bruits et de graffitis, je suis allé voir si les chocs n'avaient pas éclaté leur pare-brise au quai de la gare.

Taï Luc c'est quoi ta première guitare ?

Taï Luc : Une imitation japonaise avec deux micro humbucking.

Quelle marque ?
Taï Luc : Harley Davidson.

Ta guitare préférée ?
Taï Luc : Celle qu'on me donne quand je joue : une Melody Maker 59.

L'adresse de ton coiffeur ?
Taï Luc : Rue de Nancy.

Emploi du temps d'une Souris ?
Jean-Pierre : Réveil 10h, travail dans la B-D, répèts, interview, concerts, selon ce qui se présente.
Taï Luc : Chercher un emploi, mais il parait que j'ai pas le physique pour...

Comment s'est fait votre troisième album ?
Jean-Pierre : On a travaillé avec des gens qui étaient plus dans le coup, qui ne comptaient plus les heures de sommeil en retard. Il y avait trois ingénieurs du son qui se relayaient, un qui est venu faire deux titres : "Lili Marleen" et "Marie-France", parce qu'il a plus la patte variété.

Taï Luc, ton voyage récent en Chine, est-il en rapport avec "Malaysia Hotel" et "Le parti de la jeunesse", qui ouvre une des faces de l'album ?
Taï Luc : Ca n'a rien à voir. Mais au niveau musical, ça a eu des répercutions, les idées, je les avaient déjà avant. En fait, c'est une mise au point.

Il y a Marie (ex "Ici Paris") qui chante sur "Marie-France", pourquoi ?
Taï Luc : On l'a connait depuis longtemps. On l'a vue en concert quand ils ont fait la première partie de "Sham 69" en 1980. On a fait des concerts avec eux, aussi.
Jean-Pierre : En fait, ça failli être elle ou Frédérique qui chante sur le 45T d'Eudeline.

Comment marche votre nouvel album ?
Jean-Pierre : En 15 jours, 4000 de vendus. Il passe souvent en radio. On a fait des morceaux pour les radios libres qui les annoncent comme hymnes pour les Skins et, sur Europe 1, Jean-Loup Laffont passe "Marie-France". C'est vraiment excellent !

Vous avez prévu une tournée ?
Jean-Pierre : Hervé (le manager), est en train de monter ça. Mais tu sais, partir à deux groupes pose beaucoup de problèmes : le matos, le transport, les chambres d'hotels ; tout ça revient cher ! Jusqu'à maintenant personne n'a donné du fric à Hervé pour monter la tournée.

Concert prévu sur Paris ?
Jean-Pierre : Peut-être aux "120 nuits". Ce serait sucidaire de s'endetter à louer le "Palace", comme d'autres groupes l'ont fait, et jouer devant 150 personnes. Ca vaut pas le coup ! On est là pour gagner de l'argent, pas pour en perdre. Mais jouer au "Palace" c'est quand même un bon plan. Simplement en première partie de "Gun Club", par exemple comme on l'a fait.

Vous êtiez interdit de jouer à Paris ?
Taï Luc : C'est une réalité ! On ne peut pas jouer au Forum, dans le métro ou à Beaubourg, on pourrait peut-être au théatre Sorano à Vincennes.
Jean-Pierre : Quand il y a eu les nuits du rock l'année dernière à l'Olympia, Barrière voulait qu'on viennent jouer sans être annoncé, en douce comme ça !

Et quelques jours plus tard... On apprennait que "La Souris Déglinguée" prenait le diable par la queue en donnant un concert au théatre du Forum des Halles le 18 décembre, avec en première partie "Les Goulues". Nous y sommes allés, c'était l'enfer !