Articles Rock Press. N°7. Avril 1987

Festival rock avec :
Parabellum, Kambrones, Decibelios, La Souris Déglinguée.
Salle des Fêtes de Tournefeuille, 25 avril 1987
2 ans après, le Festival de Tournefeuille rouvre la petite porte par laquelle une asso avait tenté d'ébranler quelque peu une scène rock bien fragile, seulement soutenue son sans efforts par les quelques rares passionnés qui s'en donnaient encore la peine.

Aujourd'hui, V.O. s'est agrandie et aidée d'une deuxième association, Mix Records (les Kambrones ne font pas que des disques !), V.O.Mix crie haut et fort à qui l'entendra qu'un véritable spectacle nous attend (avec Décor, Vidéos, Expo, Animations…) mais plus que cela le festival ne sera rien d'autre qu'une grande fête, "les tristesses, les rancoeurs, les haines pour un soir, il faudra les laisser au placard !". Et bien, si la musique adoucit les mœurs, il faudra d'abord miser sur les parisiens de Parabellum au récent mini-LP Gougnaf/Bondage dont on a entendu que du bien (de la chaîne à la presse) et qui avec Schultz, également chanteur de Los Carayos (qui d'ailleurs passeront la veille au Barafut pour une soirée Bière), reste l'une des présences scéniques les plus chaudes et passionnées.

Les Kambrones, co-organisateurs de la Fête, seront aussi de la partie, comme ils l'avaient d'ailleurs été il y a 2 ans, et on ne peut toujours pas s'empêcher de les attendre avec impatience.
Quant aux Decibelios, les espagnols de la mouvance Rude Boy des années 60, viendront déverser des tonnes de décibels sur fond ska-rock, comme leurs comparses skinheads (non, non disent-ils, pas fachos, surtout pas hippies non plus !) vers les années 60 flirtaient avec les jamaïcains deuxième génération débarqués à Londres, moins cool que leurs papas rastas, et plus radicaux aussi. De toutes façons, les idéologies des uns et des autres n'auront ce soir là pas beaucoup d'importance et La Souris sera peut être là pour remettre les pendules à l'heure. 100 fois accusés de promouvoir une éthique fasciste au sein de leur public, de faire de leurs concerts un gros rassemblement d'éléments douteux, La Souris a pourtant toujours été là pour chanter le contraire "Petite Arabe, tu peux compter sur moi" et même prôner en pionniers le grand rassemblement de toutes les tribus du Rock dans une "International Raya Fan Club". Désormais, avec leur pourtant surprenant dernier 33t "Eddy Jones", des cuivres, du jazzy, du révolté velouté, La Souris a réussi un tour de force, tous se sont unis pour les ovationner.

"If the kids are united…", c'est en tout cas ce que bon nombre espère enfin et les superbes efforts de VOMix risqueraient de ne pas s'arrêter là (Castres : King Kurt, Kortatu ; Béziers puis Bordeaux), tout ça si vous êtes sages…

L.D.L