Articles Rock & Folk. Novembre 1982.

LA SOURIS DEGLINGUEE. Palace (7/10)

Pour des raisons qui me déchirent le cœur, La Souris fut obligée d'entamer son set alors que les gens commençaient seulement à entrer. Elle joue pendant trente minutes avec à peine vingt-cinq rangs devant elle. Tai, par provo, décide de ne se préoccuper que des deux premiers. Malgré ça, les rares personnes présentes assistent à un concert d'une agressivité exemplaire.

Mijoin balance les riffs comme les Marines vidaient leurs chargeurs sur les palmiers de Corregidor. Et le groupe nous assène une "Varsovienne" qui aurait fait pleurer Abel Gance. Une "Varsovienne" qui mobilisa le carré de grognards agglutinés au pied de la scène.
Dans dix ans, les gens se demanderont où ils étaient pendant que La Souris jouait. Les gens regretteront. Car je suis fier d'annoncer que La Souris reste un groupe maudit. Le soir même, la radio se félicitait de ne pas avoir retransmis son passage. Au bar, le rock biz faisait des gorges chaudes. Les nouveaux mélomanes, les musicologues pop se pinçaient le nez.
Quand La Souris a attaqué sa version iconoclaste et stylisée de "Lili Marleen", il s'en est même trouvé un pour les traiter de fascistes. Il avait tout compris. Continuez comme ça, braves gens, La Souris vous emmerde.

Laurent Chalumeau.