Articles Bio Last Call Records

1979. Naissance de LSD. Flibustiers d'un punk-rock en voie de francisation, ils se font alors connaître dans les clubs miteux de la capitale et extra-muros dans les mjc de la banlieue réelle, puis ils prennent d'assaut comme à Orléans, les scènes festivalières de la province profonde.

1980. Jean-Pierre le guitariste est armurier sous les drapeaux. Rikko le bassiste prince nyctalope et Jean-Claude le batteur ultraparisien répètent avec acharnement dans l'attente d'une nouvelle aube. Tai-Luc le guitariste-vociférateur en standby à la Fontaine des Innocents, fidèles à des racines anciennes rêve de Saigon, Hong-Kong et Pékin.

1981. L'année pour la bande des quatre de LSD commence par un turbulent concert. L'ambiance est assurée par une majorité de spectateurs suburbains, les uns adultes passés de la Révolution à la révolte et les autres, adolescents regardant vers l'Angleterre. Visiblement en colère, le promoteur d'une célèbre salle parisienne jure de les griller auprès de toute l'Industrie du Spectacle. Trop tard, le nom de LSD s'étale sur toutes les colonnes de faits divers de la presse nationale. A dix-mille kilomètres de tout ça, Tai-Luc en standby pour le nouvel an chinois à Hong-Kong puis plus tard à Pékin, rêve cette fois-ci d'être en France. A son retour , c'est dans l'adversité que sort le premier album électrochoc de LSD sur New Rose, un label sympathisant et adulateur. C'est le début de l'offensive de LSD contre l'Impérialisme culturel d'un show-business désormais commotionné par cette rebellion.

1982. C'est au début de l'année du Chien que s'effectue un tour de France sans Tai-Luc encaserné, qui une fois libéré des o.m. participe à l'enregistrement d'Une Cause A Rallier, le deuxième album distribué par Daniel Guichard(!), repart en Chine Populaire et revient à Paname au début de l'année du cochon.
1983. Deuxième tour de France. LSD qui s'est augmenté de Muzo le saxophoniste interceltique, enregistre pour le label sonomondialiste Celluloid, son troisième album au nom prémédité : Aujourd'hui Et Demain.

1984-1994. Une décennie importante au cours de laquelle LSD a survécu à tous les mauvais plans qui ont eu raison de la majorité de ses contemporains. Outre une réputation sulfureuse, LSD a produit une discographie incessante : Cité Des Anges, Eddie Jones, Quartier Libre, 23-05-89, Banzai, Remix 2536, Ganeko meets LSD sans parler des compils et des singles. Des concerts à l'étranger : Québec, Tibet, Slovaquie, Roumanie. Même des interviews donnés au... Japon ! Au début de la nouvelle et fatale année du Chien, coup du théâtre : à l'instar des rebelles afghans victorieux des Chouravi soviétiques, LSD va se fractionner pour cause de querelles intestines. Départ de Jean-Pierre et Jean-Claude.

1995. Tout le monde croit LSD moribond alors qu'en fait depuis plusieurs mois, Tai-Luc, Rikko et Muzo répètent intensivement avec Cambouis, ex-batteur de Wunderbach, Thierry, saxophoniste catalan et Pedro, trompettiste supplétif mexicanoïde. Sollicités à nouveau par le label Musidisc, LSD retourne en studio pour enregistrer l'album Tambour Et Soleil. Muzo et sa nouvelle section de cuivres en pleine forme vont même faire partie du backing group du londonien Judge Dread lors de son show à Paris. Arrive l'été et tout se précipite, Tai-Luc a tous les pouvoirs pour la réalisation du clip du single Vénales Fiançailles. 4 mn 35 de super-16 avec un cast de 4 demoiselles super-cool : deux occidentales, deux orientales et un storyboard né aux Halles en... 1982 ! Après un concert warm-up révolutionnaire fin octobre au Café De La Danse et le squattage du Boulevard Des Clips sur M6, Ceux dont le vice professionnel est d'être détracteurs mais aussi de se laisser intoxiquer médiatiquement, n'ont pas d'autre choix que de penser tout bas : "mer.. LSD est de retour !". LSD repart en à la conquête de son Afghanistan hexagonal.

1996. Année du Rat et nouvelle offensive. Le Kawthoolei tour va pratiquement emmener le LSD nouveau partout en France même à la Grave, devant une foule de parapenteurs et de skieuses blondes. Au Bikini toulousain, Certains supporters arborant des tee-shirts UNTAC ont l'air d'être de retour de mission au Cambodge, une jeune admiratrice prétend être la fille de Nougaro. Après le concert parisien à la Cigale, aidé de son détachement féminin de danseuses sudest-asiatiques en treillis, LSD a reconquis tout son Kaboul et Afghanistan hexagonal. Octobre. Rikko est à Medellin en mission secrète. Tai-Luc, Muzo et Thierry chantent à capella Marie-Dominique, une chanson de Pierre Mac Orlan en direct et en prime time sur France-Inter, tandis que Cambouis assis devant sa télé, zappe pour ne pas voir le dernier clip de LSD qui passe d'après lui trop souvent sur M6 et aussi parcequ'il n'aime pas sa dégaine de permissionnaire en tenue de sortie dans Princesses De La Rue. Novembre. Brigitte B. Cambodgienne est le générique de Tip-Top (!), l'émission musicale de TF1. LSD est rentré en force à la page 712 du Larousse de la musique mondiale ! Décembre. Sortie du single de Tambour Et Soleil remix Kawthoolei 96. LSD aurait-il changé ? Non mais porter des vêtements propres est nécessaire pour habiller les idées sales ! LSD a imposé au début des années 80 sa propre norme contre-culturelle à tel point que maintenant les nouveaux groupes français enregistrent des reprises de ses morceaux emblématiques. Comme dit la pub : 16 ans de rock and roll vengeance ! Certes, LSD en éprouve une certaine fierté et pourrait s'en contenter mais toujours en révolution permanente et bousculant sa propre tradition, s'impose de nouvelles normes contre-culturelles. Tel a toujours été le propos poétique et musical de LSD : fabriquer aujourd'hui la nostalgie de demain.