Articles L'Affiche. Octobre 1995.
Kamikaze Story
"LSD n'est pas un groupe normal. C'est peut être pour ça que nous sommes encore là aujourd'hui" confie Tai Luc. Seize ans après ses tumultueux débuts, quatre ans après le chef d'œuvre "Banzai !" et malgré quelques remous internes (changement de batteur, "auto congé" du guitariste, arrivée d'un second saxo), La Souris Déglinguée accouche de "Tambour et Soleil". Cet opus majeur et exceptionnel va bien au delà des clivages rock, rap, R'n'B, reggae. Outre le CD, un vinyle sera disponible, agrémenté de deux inédits ("Paris Montréal" et "Bus N°47") "pour forcer les gens à revenir à un support beaucoup plus esthétique".
Encyclopédie vivante des mouvements musicaux des vingt dernières années, Tai Luc a côtoyé avec son groupe "de près ou de loin toutes les catégories sociales et dangereuses. Si le pire des criminels vient nous voir en concert et me dit après "j'ai tous les disques de LSD", j'aurais tendance à le couvrir. Parce que c'est un supporter du groupe. Et, de toute façon, je ne crois pas en la perfection sociale et idéologique".
O combien captivants, les textes éprouvent une fascination certaine pour la jeunesse, les "Princesses de la Rue", et surtout l'Asie. "J'essaye toujours de faire des imbrications : c'est toujours l'Europe dans l'Asie ou l'inverse, les français en Asie, ou les asiatiques à Paris. C'est pas l'apartheid". D'ailleurs, ne sommes nous pas aujourd'hui dans un resto aux spécialités vietnamiennes et chinoises, rue Civiale à Belleville ? Et Tai Luc, dont la mère est née dans la banlieue nord de Paris et le père à Saigon, ne porte t'il pas un t-shirt Chinatown ? Tout se recoupe, finalement.
François Guibert