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Interviews » SKINHEAD POUR LETERNITE #3. mai 87
Histoire et formation
de L.S.D :
L.S.D : Avant larrivée de Jean-Claude (batteur),
en 1979, Jean-Pierre (guitariste) et Taï-Luc (guitariste)
jouaient avec Sylvain, le premier chanteur de L.S.D, dont
vous pouvez voir la photo en couverture du skinzine numéro
1 ou 2 de BLEU BLANC ROUGE SKINHEADS, paru il y a trois ans.
Il y avait aussi Jean-Pierre T., harmoniciste, qui est parti
par la suite à Orléans, fonder CIVILS RADIO,
un groupe de rythm and blues. Quant à Rikko (bassiste),
il est là depuis le début. Muzo (saxophoniste)
joue avec L.S.D depuis 1983. Lhistoire de L.S.D cest
aussi celle dune partie du public parisien, celle dune
partie de la jeunesse qui a soutenu L.S.D pendant ses concerts,
bien avant que L.S.D puisse obtenir le droit de sortir un
33 chez New Rose fin 81. Ses premiers supporters sont le CONTINGENT
EURASIEN, une bande de République en 78-79, les NHEADSKI
de Colombes et leurs ramifications à Paris et aux Halles
dès 79, la BANDE A GILLES et celle CHRIS AND LOVE,
Jean-Claude, Rock et ses copains de Saint-Blaise, sans oublier
les irréductibles regroupés autour de Fuck,
Milton et consorts, tous les punks du Gibus-Club en 1979.
INTERNATIONAL RAYA FAN CLUB, cest initialement tous
ces gens là. Le concert qui a tout déclenché,
cest celui de lOpéra Night le 7/01/81,
à cause des incidents qui sy sont déroulés,
et du coup, les 400 coupures de presse dans les jours qui
suivirent.
De quoi vous inspirez-vous pour écrire vos textes ?
L.S.D : Linspiration des textes est fournie par la vie
quotidienne, le propos principal est de faire lapologie
de nos amis. Le souci de L.S.D est de glorifier une partie
de la jeunesse parce quelle le mérite.
Quels sont vos inspirations
musicales ?
L.S.D : Nous sommes des amateurs de Rock and Roll, de musique
Oi et de Reggae/Ska, tous ces styles se trouvent confondus
dans L.S.D.
Pourquoi LA SOURIS DEGLINGUEE
?
L.S.D : Il ny a pas dexplication à fournir
sur le nom du groupe car il est tout à fait irréfléchi,
car quand il a été choisi, lavenir du
groupe était imprévisible.
Depuis votre album « La
citée des anges », et maintenant « Eddy
Jones », on note une très grande évolution
musicale, comment expliquez-vous ça, et pourquoi ?
L.S.D : « La citée des anges » et «
Eddy Jones » sont les disques les plus audibles que
L.S.D ait pu enregistrer. Ceci dit le prochain album sera
encore plus différent, entre temps nous sortirons un
maxi avec des nouvelles versions de : Jeunes seigneurs, As-tu
déjà oublié, Aucun regret, There she
goes again, Haine haine haine.
Comment sest passé
lenregistrement de votre dernier album ?
L.S.D : Lenregistrement du dernier album sest
passé dans le plus cher des studios de Paris, au Davout
avec un producteur très efficace et un ingénieur
du son très compétent. Ce que vous entendez
sur le disque ce sont les premières et deuxièmes
prises le plus souvent, il ny a pas de re-recording,
idem pour les voix.
On vous a souvent collé
létiquette skin sur le dos, doù
et quand cest parti ?
L.S.D : Il ny a personne dans L.S.D qui prétend
être skinhead, cependant il est vrai que dans lentourage
du groupe un certain nombre le sont ou lont été.
Il en est de même pour le public de L.S.D. A notre connaissance,
les skins des Halles ont été les premiers skins
de France en 79.
Que représentent la rue
et vos copains pour vous ?
L.S.D : La rue appartient aux enfants de la classe ouvrière.
Lamitié de nos camarades suffit à notre
existence.
Dans vos textes on retrouve
souvent le nom de Marie-France, qui est-elle ?
L.S.D : Marie-France cest : Monna de Phnom Penh, Chantal
Atlani, Isabelle Krasniqi, Danielle Destrieux... La liste
est très longue !
Combien de concerts avez-vous
fait et comment se déroulent-ils généralement
?
L.S.D : Tout le monde peut venir à un concert de L.S.D.
Il ny a plus de braquages avant, pendant et après
le concert. L.S.D na jamais incité personne à
la violence, tout ce qui a pu arriver dans le passé
est indépendant de notre volonté.
Avez-vous de bons rapports avec
dautres groupes français ou européens
?
L.S.D : Nous étions plus que copains avec WUNDERBACH,
en très bons termes avec les SWINGO PORKIES. Dans les
mois à venir, je pense que certains groupes ignorés
jusquà présent vont avoir leur mot à
dire, en particulier BRUTAL COMBAT, SKINKORPS, EVIL SKINS,
LANTERNE ROUGE. Nous ne connaissons pas DECIBELIOS, mais nous
avons des amis communs, ce quils font présente
beaucoup dintérêt.
On vous a vu aux « Enfants
du rock » il ny a pas très longtemps, comment
sest passé ce petit reportage, et quen
pensez-vous ?
L.S.D : Lémission a été tournée
en février 86, comme dhabitude nous avons donné
une image cool de L.S.D car nous ne cherchons pas à
faire des pseudo-scandales en direct. Nous avons eu limpression
quil y a de moins en moins de groupes, et de plus en
plus de boîtes à rythme. Il y a aussi une séquence
intéressante qui a été censurée,
cest le passage où PARABELLUM joue une reprise
de SLADE « Mama weer all crazee now ».
Que faites-vous dans la vie
?
L.S.D : Nous travaillons tous pour ne pas devenir des clochards.
Mot de la fin ?
L.S.D : Nous tenons à remercier « Skinhead pour
léternité » zine, et tous nos camarades
!