Paris, 11h30 : sur "La voix du lézard",
103,9 mhz Tai Luc (chanteur - guitariste), Jean-Pierre
(guitariste) et Hervé (manager) répondent
aux questions de Gérard dans l'émission "
les brumes matinales " Le nouvel album "
Aujourd'hui et demain ", les projets, le rock'n'roll
: La Souris parle et se dévoile
Est-ce que ce nouvel album
a quelque chose de différent des précédents
?
- La grande nouveauté, c'est la pochette, qui est
en couleur.
- On a mis de la couleur dans le rock.
Et la couleur musicale ?
- On a passé déjà plus de temps à
le faire. On est resté plus de 2 mois en studio
- Disons tout l'été même. Quand tu disposes
de plus de temps, tu peux mieux coucher tes idées
sur la bande. Par rapport au premier qu'on avait fait en
¾ jours, c'est mieux.
Aviez-vous un producteur avec vous ?
- Non, non, on s'est produit nous mêmes, on avait
simplement les ingénieurs du son, qualifiés,
pour les choses techniques.
- Et aussi un peu pour la production, vu qu'on était
en co-production.
- Mais enfin, ils nous laissaient les mains libres, ils
s'occupaient des manettes et c'est tout.
- Sinon, on a fait une croix sur les producteurs toxicomanes
et alcooliques.
Vous n'avez jamais eu envie
d'avoir un producteur anglais ?
- Qu'il vienne, qu'il vienne, on l'attend !
- On n'est pas contre, mais on n'a jamais eu l'occasion
de pouvoir se payer les services de l'un d'entre eux.
Vous pensez que les producteurs anglais ont tendance à
venir vers les groupes français, ou faut-il aller
les chercher ?
- Non je crois pas. Le mythe du producteur anglais qui flashe
sur un groupe français est faux. Ils ont tout ce
qu'il faut là bas comme groupes, alors
- Je crois qu'il vaudrait mieux s'attacher les services
d'un producteur indonésien pour trouver une nouvelle
couleur musicale. Ca pourrait être rigolo
On peut trouver des choses
inattendues sur cet album, par exemple la reprise de "Lili
Marleen". Comment vous est venue l'idée de faire
cette reprise ?
- Ben tu sais, à force de marcher au pas pendant
12 mois, t'en ressorts avec un rythme dans la tête,
et c'est absolument celui là.
Ca a donc un rapport avec
le service militaire ?
- Tout à fait, ouais, le service que j'ai rendu,
c'est en cadence
- Et en plus c'est une belle mélodie.
On peut penser que ce morceau
tranche complètement avec le reste du disque, non
?
LSD : La séance d'enregistrement a elle aussi tranché
avec le reste des séances, au niveau de l'ambiance...
- Quand on l'a enregistrée, Jean-Pierre était
saoul, il ne s'en est même pas rendu compte qu'il
faisait une guitare pour "Lili Marleen" !
- Non, mais quand Eliane a chanté, c'était
spécial, bizarre...
- Ouais, c'était magique, parce que si tu veux, on
avait mis toutes les chances de notre côté,
à savoir qu'on avait invité un prof de philosophie
et aussi un prof d'Allemand, pour reprendre la diction d'Eliane
quand elle était défaillante... Et ce mec
s'est marié avec l'arrière petite-fille de
Richard Wagner, et si tu veux, dans le studio il y avait
l'esprit de Richard Wagner qui flottait...
(apparition de Hervé, le manager) Les problèmes que vous
aviez pour jouer à Paris existent-ils toujours ?
- Actuellement, on essaie de le résoudre, à
savoir que les "1001 nuits" refusent de nous laisser
jouer, même en louant la salle. Pourquoi ? On n'en
sait rien, c'est comme
ça et pas autrement. Sinon en décembre y'a
une nouvelle boîte dans le même style qui va
s'ouvrir, "Le Sous-Marin Jaune". Ca se situera
juste en face du Gibus et nous espérons pouvoir y
jouer.
Tu nous parlais toute à
l'heure d'une espèce d'association qui allait se
créer entre trois groupes français ?
- Ouais, tout simplement il y a des groupes qui ont des
problèmes, des groupes qui splittent, des groupes
qui se forment, ce qui est bon signe, et qui ont besoin
de coups de main... Car comme chacun le sait, les maisons
de disques ne sont pas toujours accueillantes ! Alors en
ce moment où on a un certain poids, on essaie d'aider
certains groupes à pouvoir finir leur disque ou à
en commencer un, à tourner, etc... Alors avec Wunderbach
et OTH, on va essayer de faire quelque chose, on sait pas
encore si ce sera un label, une collection ou une réunion
de groupes, enfin un truc dans ce genre...
Et au niveau structure juridique,
financière...
- On n'aime pas trop les structures. Tu vois les autres
labels, ça tient six mois et ça s'effondre.
T'auras pas de structure à proprement parler, ça
sera seulement une aide de quelques mois...
- Faut pas faire quelque chose de trop fini... Ca fonctionnera
comme une sorte de syndicat...
- Ca sera un axe...
- Ouais, l'axe Paris-Nanterre-Montpellier, mais on espère
qu'il y aura des tas de gens qui viendront s'intégrer
à cette mouvance...
Que pensez-vous des splits
en série des groupes (comme Les Civils, qui sont
les derniers en date) qui étaient signés par
des maisons de disque, et qu'au contraire, les groupes non-signés
continuent leur route ?
- On rigole, on rigole !
- Ca veut dire que les premiers n'avaient pas la foi et
que les second l'ont toujours...
- Disons qu'à force d'être habitué à
se débrouiller tout seul, ça te permet d'éviter
certains écueils, certaines déceptions...
- En fait, ce sont des groupes qui ont dû s'attendre
à beaucoup de promo de leur maison de disque, à
beaucoup de concerts, de TV, de radios, enfin tout ce qui
leur tombe dans la gueule, et ils s'apperçoivent
que rien ne vient de ce côté là... Et
comme il n'y a personne avec eux, qui sillonne Paris toute
la journée à la recherche de plans, ils se
trouvent fort mari...
- Ils attendent tout de leur label, et ils s'apperçoivent
qu'il ne faut pas en attendre trop, à part la fabrication
et la diffusion des disques, des choses comme ça...
et encore !
Croyez-vous que ces splits soient liés à la
nature de la musique ?
- Non, la plupart d'entre eux ne sont pas des groupes de
rock'n'roll... Parce que, quand un groupe se lance dans
une opération plus ou moins commerciale, ou dans
un phénomène de mode au niveau musical, sa
chance de survie est moindre. Tandis que quand tu joues
dans un groupe de rock'n'roll, tu vois ce que je veux dire
par rock'n'roll, qu'il soit dégénéré
ou pas, tu sais ce que tu fais, tu crois en quelque chose....
- Pour tous ces groupes, le splitt vient de la lassitude,
de la fatigue de ne pas voir évoluer les choses plus
vite, de s'appercevoir que t'as beau dire et faire, ça
bouge pas. Vu de l'extérieur, il peut sembler que
ça bouge, mais de l'intérieur, ça stagne
et c'est ça qui précipite leur fin...
Et au niveau des tournées...
des projets ?
- Ouais, on devrait tourner au mois de mars. On va essayer
de visiter la France et les pays limitrophes. Je pense que
ça devrait marcher, la suite au prochain numéro
!
Les concerts en province fonctionnent-ils
bien ?
- Je crois qu'avant de faire des concerts en province, il
faut que tu tiennes compte de l'aspect sociologique de la
ville. C'est comme ça qu'on essaie de procéder.
C'est à dire, savoir comment la ville est entourée,
combien les gens sont prêts à mettre pour un
concert. On essaie d'établir des places à
35/40 francs, et comme ça peut faire un bon concert,
avec du monde, et tout le monde y trouve son compte....
D'ici votre prochaine tournée,
qu'allez-vous faire ?
- Là on est en train de travailler de nouveaux morceaux,
sinon il est question d'entrer en studio pour enregistrer
une petite bande, quelques nouveaux titres qui peuvent éventuellement
servir pour un maxi ou un mini...
Les filles dans le rock pour vous, c'est quoi ? des Groupies
?
- Non, il y a les groupies, mais sinon, non.
- Faut dire qu'il y a beaucoup de filles dans notre public,
contrairement à ce qu'on pense...
- La preuve qu'on les estime, il y en a deux sur notre disque
!
- Ouais, on aurait pu faire une version de "Marie-France"
dégénérée, comme en concert...
Là, on a fait un effort, on a pris Marie, en rupture
de groupe, elle nous a rendu service, et le résultat
est pas trop décevant. Et puis, ça nous permet
de passer sur une radio périphérique connue,
c'est bien...
C'est bien pour eux, c'est bien pour nous, et le dernier
pogo n'est pas pour demain !
Propos recueillis par Gérard, "les
brumes matinales", sur La Voix du Lézard (103.9).
Transcription, Phil Suspect.