La Souris Déglinguée a bien
préparé son assaut. En effet, depuis 1979,
les souris font provision de munitions et d'énergie,
sans tenir compte du D.D.T. La Souris devient ainsi plus
forte, plus lucide et plus déterminée. Ils
ont su s'adapter à l'environnement et au climat et
au climat non plus matériel, mais profondément
social. LSD fait un rock décapant, révélateur
d'un climat, d'une tension, un rock social déchargé
des étiquettes, un rock de contestation.
La Souris Déglinguée.
Ce que nous chantons c'est une réalité concrète,
personne ne dit si c'est bien ou mal, c'est uniquement un
fait. Nos chansons sont comme des clichés, des recueils,
des témoignages vécus, des faits sociaux.
Rock : C'est pour cela que
vous avez choisi de chanter en français ?
Sincèrement, nous n'avons jamais pensé que
nous pouvions chanter en anglais, sauf pour des reprises.
Nous sommes dans un pays de langue française, alors
nous chantons en français. Nous savons que la langue
se plie moins aux exigences, mais il suffit d'avoir confiance.
Je sais parfaitement que nous perdrions notre impact si
nous chantions en anglais. Tai qui écrit les textes,
n'est pas là aujourd'hui, mais il dirait la même
chose. Il écrit ce qu'il ressent, sans détour,
parce que nous sommes imprégnés de la ville
et notre démarche en prend modèle.
Rock : Vous avez rencontré
quelques problèmes ?
Oui et nous en rencontrons toujours puisque nous ne pouvons
pratiquement pas jouer sur Paris. Tout ceci remonte aux
émeutes de l'Opéra Night, et je peux te dire
que nous avons une étiquette, "Danger".
Mais il faut souligner que nous ne sommes ni des manipulateurs,
ni des provocateurs.
Rock : Vous catalysez l'énergie,
amis sans la violence ?
Exactement, mais il n'y a pas beaucoup d'écart entre
cette énergie farouche et la violence. Tout peut
basculer sans prévenir, tout devient chaos et tout
va trop vite. A l'Opéra Night, nous avons joué
pour éviter un désastre La merde c'est
l'engrenage dans lequel tu te trouves impliqué, et
(nous ne voulons pas de malentendus), nous aimerions que
tout se passe bien. Mais c'est quand même important
d'avoir des fans, des personnes qui croient en toi, qui
te suivent partout où la Souris joue. Ceci dit, nous
allons jouer en province pour que les gens sachent qui nous
sommes et ce que nous valons véritablement.
Rock : Votre problème
est un problème courant en Angleterre ?
Oui c'est très courant, chaque groupe a con Contingent.
Mais en France c'est plutôt rare, mis à part
Vince Taylor et Johnny Halliday, il n'y a pas eu grand chose.
Eux possédaient une véritable "bande"
qui les suivait, c'est l'histoire ses sièges cassés
de l'Olympia.
Rock : Il y a Oberkampf.
Oui, ils ont le même Contingent que nous à
quelque chose près. La violence gratuite est inutile,
il faut libérer sans se taper dessus. Nous voulons
jouer pour tout le monde.
Rock : C'est important pour
vous d'être près de votre public, de combler
un fossé ennuyeux ?
Totalement. La musique que nous jouons c'est pour éviter
les fossés. Nous voulons jouer pour les 2000 personnes
qui ont acheté notre disque et pour tous les autres
qui veulent entrer dans la danse. Nous voulons jouer pour
tous ceux qui nous attendent en province. Nous avons reçu
des lettres qui nous motivent beaucoup Nous sommes
rayés de Paris parce que certains personnes posent
le véto eh bien, nous irons en province. Le
piquant, c'est que le public ne sera pas conquis d'avance,
on verra ce que nous valons. Ceci dit, nos concerts au Rose
Bonbon se sont bien passés.
Rock : Vous êtes satisfaits
de l'album ?
On était fous à l'idée d'enregistrer.
C'était un besoin de survie. Nous avions 35 morceaux
prêts et l'album en contient 14 Tu vois un peu.
Avec le recul, on trouve le son un peu "plat",
mais c'est un album de premier jet avec tout ce que cela
comporte. Le prochain sera différent. Notre maxi-45t
sort en mai, et pour l'album nous aimerions trouver un producteur
digne de ce nom. Nous sommes contents de notre producteur,
et puis, en France, il n'y a rien, mais nous aimerions
peut être un producteur anglais. Quelqu'un qui profile,
qui matérialise notre son. (Tous en chur) "Phil
Spector", ouah, tout ceci est un rêve. Et puis
il faut que nous soyons distribués en Province, c'est
important. Pour cela nous allons essayer de "dealer"
avec une grande maison de disques. Voilà, nous avons
la tête pleine de projets qui, j'espère, vont
se concrétiser. Il fallait de la force en soi pour
ne pas craquer, mais nous nous en sommes sortis, note album
est là. Nous avions et nous nous avons la foi en
ce que nous faisons, c'est quand même un signe
Je ne pense pas qu'il faille affubler La Souris Déglinguée
d'une quelconque étiquette. Leur démarche
correspond à un idéal, leur idéologie
c'est la vie sociale et ils sont vraiment là. LSD
n'est pas un groupe qui se laissera manipuler, et toutes
leurs contradictions leur sont profitables. "Si l'on
nous assimile à Clash, il faut mettre les dates,
c'est à dire le premier album". LSD veut que
tout le monde soit branché sur le même réseau,
et même si le chat est là, les souris dansent.
PS : pour Tai Luc, chanteur et parolier qui n'a pas pu assister
à l'interview, un extrait de ses paroles et je sais
combien ses paroles collent à la musique, à
leur démarche et à leur idéal. "
On marche encore sous la pluie / Rien n'a encore changé
/ On marche même toute la nuit / Sans avoir rien trouvé
"