Infrarouge jeudi soir en première partie
de La Souris Déglinguée : leur deuxième
concert et assurément leur plus marquant puisque
c'est La Souris qu'ils placent en premier dans leurs groupes
français préférés. (Cf interview)
Si leur look très punk (not dead) pouvait laisser
présager une informe cacophonie, il n'en fut rien.
C'est quatre jeunes gens surent nous surprendre par l'originalité
de leurs compositions (personnelles) et l'énergie
déployée. On notait même avec plaisir
deux petites incursions dans un reggae très "Upstart",
qui laisse présager pour ce groupe un avenir prometteur.
Nul doute qu'Infrarouge aura son mot à dire pour
le Rock d'Orléans de mai 83, lorsqu'ils auront résolu
les problèmes que posent la scène aux débutants
(guitare solo sur certains morceaux et les churs dans
le micro svp, merci !).
IJ & AP.
J'ai lu un compte-rendu du concert de La Souris Déglinguée
dans La République du Centre nos grands-parents
auraient pu le faire de la même façon, avec
un peu plus d'objectivité, de rigueur et de finesse,
mais mon propos n'est pas là, quoi que
Il ne s'agissait pas d'une vaste sauterie, puisque nous
n'étions qu'environ 200 jeunes cons, et il ne suffit
pas d'une coupe de cheveux et d'une paire de rangers pour
être digne de ce nom. En tout cas, La Souris Déglinguée
reste le seul groupe capable de faire chanter et sauter
("danse exubérante" !!! diront certains),
ceux qui justement ne peuvent s'offrir le luxe d'aller faire
claquer leurs souliers vernis sur le parquet de certaines
discothèques.
Je ne concevais pas de concert raté de La Souris,
et j'avais raison. Les textes sont toujours à la
hauteur de l'énergie produite par nos quatre rats.
"Ils ne sont pas dangereux" disait un de nos confrères,
mais les jeunes cons nombreux.
Rose Darnell
Juste après le concert, nous avons coincé
La Souris dans les WC et leur avons fait rendre non pas
leur âme, mais leur discours infâme
Comment as tu trouvé
le concert de ce soir ?
R : Il n'y avait peut être que 150 personnes, mais
ces 150 étaient venus pour nous voir. Ce que j'apprécie
c'est que les gens apprécient, qu'ils aiment bien,
peu importe qu'ils soient 50 ou 500.
Ce soir ils avaient la pêche
?
R : S'il y en a 150 qui ont la pêche, c'est aussi
important que s'il y en a 200 qui ne l'ont pas.
As-tu un avis sur la première
partie ?
R : J'ai bien aimé le son de la première partie.
Je connais un groupe à paris qui s'appelle Wunderbach
qui est assez "ripou". Je préfère
Infrarouge à l'âge qu'ils ont, qui assurent
beaucoup mieux que Wunderbach.
Qu'est ce que tu écoutes
comme musique ?
R : Surtout pas la compilation New Rose, mais les Upstarts,
Cockney Rejects et toutes les compilations Oi, les 4 Skins,
etc
Tu es très branché
Oi ?
R : Je ne suis pas très branché Oi, mais j'écoute
"punk's not dead", le 1er Exploited pour le son.
Tu n'écoutes pas de
groupes français ?
R : J'écoute Oberkampf mais je ne connais pas tellement
de groupes français qui m'intéresse.
Que penses-tu du rock en France
?
R : Ca bouge bien en France maintenant.
Vous avez des projets discographiques
?
R : un maxi ou 30, avec Lilly Marleen et les nouveaux titres
qu'on a fait ce soir.
Qui sont ?
R : "le dernier pogo à Paris", "Maximum
Swing", "Jeunes voleurs", et peut être
d'autres morceaux
Chez Kuklos ?
R : non, chez Celluloid.
C'est un hasard ou c'est volontaire
de changer de maison de disques à chaque fois ?
R : Ce n'est pas un hasard, c'est que les grosses maisons
de disques ne veulent pas de nous.
Le disque n'a pas marché
chez Kuklos ?
R : Nous n'étions qu'en distribution chez Kuklos,
comme chez New Rose. Nous coproduisons nos disques avec
le studio d'enregistrement, ce qui évite toute censure.
Nous n'aurions pas pu sortir notre dernier album avec un
morceau comme "en France" chez n'importe quelle
maison de disques.
Avez-vous des projets de concerts
?
R : oui, la première partie d'Angelic Upstarts à
Lyon.
Ca te botte les Upstarts ?
R : Oui j'aime bien, surtout les paroles.
Tu parles anglais couramment
?
R : oui pratiquement.
Vivez-vous de votre musique
?
R : non, pas du tout. Jean-Pierre est au chômage,
Tai-Luc plus ou moins étudiant, Jean-Claude se fait
entretenir par sa nana, et moi je travaille comme comptable.
Prenez-vous cher pour venir
jouer à Orléans ?
R : 4500 F.
Vous aimez bien venir à
Orléans ?
R : Oui on connaît des gens d'ici : Civils Radio et
Riffard (guitariste de Reich Orgasm).
J'ai lu que vous aviez fait
des concerts sans Tai Luc, comment avez vous résolu
le problème du chant ?
R : C'était Jean-Pierre et moi même qui chantions,
mais la réaction du public n'était pas la
même car Tai Luc fait partie de l'image du groupe.
Comment mettez-vous les textes
en musique ?
TL : On trouve une musique et on pioche dans les 15 textes
que j'ai écrit à l'armée.
Tu n'as pas essayé
de te faire réformer ?
TL : Je me suis rendu à l'évidence que je
devais y aller parce qu'aux trois jours, on ne m'a dit :
"vous êtes réformé ou exempté
?" j'ai marché avec. Je pense à
Starshooter qui s'est fait reformer et qui a joué
pour les contingents en Allemagne. Je trouve ça complètement
con, ça ne veut rien dire.
Rikko nous a dit que tu étais
étudiant ?
TL : oui je le suis pour des raisons sociales, pour avoir
un statut, pour bénéficier de la sécurité
sociale.
Etudiant en quoi ?
TL : en langues orientales. Pour puiser dans des racines,
pour cultiver un certain côté de la vie qui
pourrait me manquer.
On te dirait d'aller jouer
pour les contingents en Allemagne, tu irais ?
TL : vraiment ça me plairait. Je pense qu'on serait
plus à notre place que Starshooter. C'est malhonnête
de leur part d'aller jouer en Allemagne. Par contre, Téléphone
va jouer à Beyrouth pour la Croix Rouge, et je trouve
que c'est une excellente idée.
Que penses tu de Téléphone
?
TL : En tant que groupe ça ne m'intéresse
pas, mais en tant que vulgaire spectateur ça représente
bien la France lycéenne.
Tu écoutes quoi ?
TL : Des trucs durs, radicaux, la musique britannique qu'il
y a actuellement, la musique skinhead ? Si j'étais
anglais je serais là dedans à fond.
N'as tu pas envie de faire de la musique Oi ?
TL : Non j'ai pas envie, on serait anglais, d'accord.
R : A la limite ce qu'on fait
c'est quand même de la musique Oi.
TL : on est quand même un groupe de rock'n'roll.
As-tu une ligne directrice quand tu écris un texte
?
TL : J'ai écrit trois chansons sur lui, là
bas (Pascal, roady). Je ne vais pas loin pour écrire.
Ca fait longtemps que je le connais, il habite près
de Sarcelle. Quand je le vois je pense à plein de
trucs qui reviennent dans ma tête. C'est le phare
!
Il y a longtemps que tu joues
de la guitare ?
TL : 4/5 ans.
Toujours dans LSD ? ça
n'a jamais été autre chose. C'est toi qui
a fondé le groupe ?
TL : non ce n'est pas moi, c'est un mec que tu connais et
qui joue avec les Civils Radio
Maintenant. Il s'appelle Jean-Pierre Triquet.
Pourquoi n'est-il pas resté
avec vous ?
TL : Il préférait faire du rythm'n'blues,
comme il fait maintenant avec les Civils Radio.
Que penses tu des Civils Radio
?
TL : C'est un groupe de blues
Où habites tu ?
TL : A Villejuif, près de Meudon la Forêt.
Que penses tu des autres groupes parisiens, style Indochine
ou Taxi Girl ?
TL : Je n'aime pas du tout. Je pense qu'ils ont du talent
mais ce qu'ils font est tout à fait artificiel. C'est
trop formel. Mais quand je lis leurs textes, j'ai l'impression
de lire un bouquin.
Tu connais Reich Orgasm ?
TL : Oui j'aime bien. Je suis allé à l'armée
avec eux (avec Riffard). Il y a certains morceaux où
ils sont bons. Je vais acheter la compilation "Apocalypse
Chaos" pour les encourager.
Ok c'est bon, merci
TL : t'as soif ?
et nous héritons d'un tin de bière
tiédasse. Quel souvenir !