Alors pourquoi cette signature
avec Musidisc ?
TL : Bon, si tu veux, on peut dire qu'on est plus fidèle
avec les labels qui précèdent Donc, une
fois de plus nous avons rompu le contrat avec notre dernière
maison de disques. En plus, nous avons beaucoup d'affinités
avec certains membres de l'équipe Musidisc. Avec Hervé
Deplasse par exemple, que nous connaissons depuis longtemps.
Par ailleurs, il nous a sollicité pendant deux ans,
et puis là, nous avons accepté Musidisc, car
cela nous paraît raisonnable, et puis c'est la meilleure
distribution en France
C'était quoi votre label précédent déjà
?
TL : Avant nous étions sur Blue Silver, et précédemment
sur Cellulloïd, qui sont tous deux distribués
par Mélodie Mais comme nous trouvions que la
distribution n'était pas satisfaisante, nous avons
préféré filer ailleurs. Et encore avant,
nous étions chez New Rose. Nous avons également
été sur le label de Daniel Guichard, et d'autre
part, nous avons changé cinq fois de maison d'édition.
Mais nous avons décidé que la prochaine serait
la nôtre
LSD existe depuis 10 ans
?
TL : Oui presque, nous avons débuté en 79
Alors, le bilan ?
TL : Comme dirait Georges Marchais : "le bilan"
En chur derrière : Tout va bien !!!
TL : Je te dis ça parce que ce matin, on a été
faire une interview avec un journaliste de l'Humanité
!
Ah bon ?
TL : Oui, oui, bien sûr ! Mais si tu veux, nous l'avons
complètement perverti. Il a suivi la tournée
du Canada avec nous, et il en a vu de toutes les couleurs
! Et donc, après 8/9 ans de Souris Déglinguée,
on peut dire que globalement le bilan est positif.
Vos projets immédiats
?
TL : Nos projets immédiats viennent de se concrétiser
: c'était un concert au Canada, qui s'est super bien
passé.
JP : Nous sommes revenus avant hier de Montréal,
où nous avons participé à la semaine
du rock francophone. Et puis, les projets immédiats,
c'est également la sortie du disque, et puis préparer
la rentrée, faire une tournée
TL : Nous avons déjà des tas de concerts en
prévision. Je ne pourrais te dire les dates exactes,
à part une qui est déjà certaine, c'est
le 14 octobre où nous allons jouer à l'Elysée
Montmartre. A l'issu de quoi nous allons faire des concerts
dans toute la France. Parce que maintenant nous avons un
nouveau contact pour les concerts, quelqu'un de très
actif, en la personne de Gérald, que nous connaissons
depuis peu, alors que nous lui faisons un peu de publicité
Je n'ai pas le téléphone en tête sinon
je te l'aurais donné pour ton interview. Donc, grâce
à nos nouveaux contacts, nous allons faire beaucoup
de concerts. J'espère que d'ici l'année prochaine
on pourra aller jouer en République Populaire de
Chine, en Pologne Et puis, je viens d'apprendre, comme
quoi on est plus ou moins solidaires les uns des autres,
que nous sommes invités à aller en URSS avec
Gogol (la femme de Gogol est ma cousine), et je n'ai pas
décliné l'invitation. Je lui ai dit que si
cela peut se faire, on le fera ! Voilà, tu as une
information toute fraîche !
Vous êtes copains avec
cette bande de cinglés ?
TL : Tu parles de cinglés, mais on connaît
des gens plus cinglés que Gogol !
JP : On a vu plus cinglé que lui à Montréal
Cela existe ?
JP : Oh oui, là il est totalement éliminé
même !
TL : Si tu veux, Gogol, c'est le dieu vivant. Et par ailleurs
il en connaît un rayon en matière d'obscénités.
Mais là, on a rencontré quelqu'un en concert
qui l'a battu, carrément ! Non seulement il le bat
sur le terrain de l'obscénité, mais il bat
aussi François des Garçons Bouchers sur le
terrain de l'obésité ! En plus, cette personne
fait une performance, du début jusqu'à la
fin, dans la nudité la plus totale Ce que tu
fais chez toi dans ta salle de bains, avec une musique de
fond, lui le fait sur scène devant des centaines
de personnes ! Alors c'est curieux parce que, là
bas, c'est le provocateur N°1, et d'habitude les concerts
sont arrêtés au bout de 10 minutes, un quart
d'heure, mais là il a tenu ses 50 minutes, alors
que ce n'était pas un public propre à lui
puisqu'il s'agissait d'un festival
Vous en avez parlé
à Gogol ?
TL : Oui, nous venons de lui dire à l'instant.
Qu'en pense t'il ?
TL : et bien, il a été choqué ! (rires)
Bon, on peut avoir des précisions
sur l'album qui va sortir ?
TL : Et bien, l'album, nous t'invitons à l'acheter
! Pour le moment il n'est paru qu'un 45t, mais tout a déjà
été enregistré, et ce sera un album
varié, comme les précédents. Et sur
vinyle, nous essayons toujours de donner la meilleure part
de nous-mêmes, du point de vue du confort acoustique.
Et je crois que sur ce disque c'est assez varié,
tu as tous les rythmes possibles et imaginables que tu entends
aujourd'hui, et que tu entendais déjà hier
et avant hier
Une petite question personnelle,
que pensez vous de Michael Jackson, qui passe ce soir ?
Vous allez le voir ?
TL : Ben non, on n'a pas d'invitations, on ne va pas aller
le voir !
Sinon vous y seriez allé
?
TL : Ben je ne dis pas que je n'y serais pas allé,
parce que moi, l'année dernière, j'ai bien
travaillé sur le concert de Madonna, alors
Il y a des milliers de lecteurs
qui vont le savoir maintenant !
TL : J'ai travaillé sur le concert ! (en appuyant
bien sur le mot "travaillé" et en répétant
deux fois la phrase !) C'était pour me faire un peu
de blé, et j'ai observé ça. C'était
impressionnant.
De connerie ?
TL : Peut être Mais au niveau de l'organisation,
c'est assez époustouflant. Et là, Jackson,
je pense que ça va être le même topo,
avec un peu moins de monde certainement. Ceci dit, j'irais
bien le voir, why not ?
JP : De loin !
TL : Oui de loin, voir le show, comme ça
Que pensez vous de la scène
rock française ?
TL : Elle a toujours existé, et elle existera toujours
! Pas plus tard qu'hier il y avait des groupes comme les
Variations, et puis auparavant il y avait les Chaussettes
Noires, les Chats Sauvages. Et je crois que les groupes
français, d'hier et d'aujourd'hui, sont plus ou moins
bercés par leurs illusions Nous avons les nôtres,
ils ont les leurs Nous vivons à la fois sous
une forme de fiction, et ancré dans la réalité.
C'est à chacun sa merde !
JP : Moi, j'ai vu qu'à Montréal on a joué
avec des groupes français, puisque c'était
le principe de l'histoire, et que tout était de qualité,
même si tout n'a pas eu le même succès,
ou même si cela ne nous plait pas. Il y avait des
gens si différents, comme Noir Désir, Gamine,
les Garçons Bouchers, OTH Des choses vachement
différentes donc, mais tout était de qualité.
Alors question bateau : les
idées, c'est la provocation ?
TL : Moi, en ce qui me concerne, je n'ai jamais fait usage
de stupéfiants. Quand à nos initiales, c'est
un pur hasard. C'est comme OTH, ou comme des tas de trucs.
Ce n'est pas fait exprès
?
JP : Non, c'est après qu'on s'en est rendu compte.
TL : Nous étions vachement inspirés, au point
de vue du nom, et on n'a pas du tout pensé à
ce genre de choses
JP : Alors nous l'avons travesti en Loisirs-Sports-Détente,
ce qui n'est pas mal non plus
Vous n'avez pas eu envie
de changer de nom ?
TL : Tu sais, sur les voitures Peugeot, il y a écrit
LSD, et cela ne choque personne ! Et puis, nous étions
déjà connu sous ce nom, il était difficile
d'en changer