Historique de la formation
du groupe ?
Il n'y a pas d'histoire officielle de la formation de LSD,
cependant tout le monde est d'accord pour dire que le
groupe
est devenu opérationnel avec l'arrivée de
Jean-Claude, batteur en février 1979. Avant cette
date, RAS à part un rock sauvage et primitif sans
la moindre vocation nationale. Le premier concert avec
JC
aura lieu à Sarcelles deux semaines plus tard, la
machine est lancée, elle ne s'arrétera pas
là, les inévitables MJC (!), les tremplins
du Gibus, du Golf Drouot, les premières parties
ou il n'y a rien d'autre à gagner que l'estime
du public. Fin 79, un 45T est financé par Hervé P.,
Catherine B. et Christine sur lequel figurent deux
morceaux : "Haine,
haine, haine" & "Garçons moderne".
Le reste du répertoire se compose alors de "Yasmina",
"Gretel K.", "Jaurés Stalingrad",
"Week end sauvage" "Rock'n'roll vengeance",
"As-tu déjà oublié", "Jeunes
seigneurs", "Pourquoi", "Détachement
FR79", "Jeunes voleurs", "Que vont-ils
devenir", "Tu as beaucoup de libertés",
"Tendance négative" et des reprise de
Cochran, Chuck Berry & W. Dixon. L'année 80
se passera en grande partie sans Jean-Pierre, retenu sous
les drapeaux.
Des concerts comme à Toulouse, à la salle
de la piscine de Beauvais... En province... et toujours
pas de maisons de disques, un projets de 33 financé
par Gérard G., mais qui ne verra pas le jour, pas
assez d'argent pour mixer une bande huit pistes de quinze
morceaux ou figure le nouveau répertoire : "Salut
les copains", "Marie-France", "Sortie
de garage". A la fin de l'année LSD rencontre
un producteur Canadien en manque de dollards qui nous
promet
de nous amener en studio pour enregistrer "Coeur de
Boudha", "Putain de zone", "Rien n'a
encore changé", "Rockers", "Nation"...
ce qu'il fera d'ailleurs au cous de l'année 81.
7 Janvier 1981 : un événement important pour
le groupe : le concert de l'Opéra Night". Le
lendemain, à la rubrique des faits divers style "vandalisme
en tout genre", toute la France apprend l'existence
de LSD et de ses supporters, LSD le groupe de nulle part,
la quantité négligeable et toutes les bandes
des Halles & de République qui constituent la
majorité du public font la une de l'information.
Plus de 400 coupures de presse en une seule journées.
LSD, ce jour-là et dans les jours à venir
a pris sa revanche sur le monde de l'industrie du disque
et sur les médias qui avaient sciemment ignoré
LSD jusque là, et depuis la jeunesse a apprit qu'il
existe au moins un groupe différent des produits
manufacturés qu'on lui balance a longueur de journée.
Depuis ce jour LSD est fidèle à tous ses camarades
supporters de la première heure et de l'Opéra
Night pour leur esprit et leur amitié. Ensuite il
y aura des concerts en banlieue, en province au cirque d'Amiens
avec Vince Taylor ainsi qu'un concert à l'Elysée
Montmartre avec les "Stiff Little Fingers".
Puis c'est au tour de Tai-Luc de partir sous les drapeaux
pour le 1er RI au mois de décembre 81 le jour même
de la sortie du premier 33 de LSD sur le label "New-Rose".
"Eddy Jones" touche beaucoup de styles musicaux
assez... rétro... Pourquoi ? On est toujours plus
ou moins influencé par ce qu'on écoute, et
comme on écoute pas forcement tous la même
chose. Cela vient du fait que l'on connaît tous les
plans OI! ou Rock'n'roll alors on a essayé de balancer
de nouveaux rythmes Reggae/Ska voir Jazz, histoire de rompre
la monotonie.
Pour LSD, il n'y a rien de rétrograde dans la musique,
il s'agit simplement de trouver un fond sonore idéal
pour les paroles, ce qui explique certains rythmes par rapport
à certains textes... De plus il reflète une
époque qui vous est inconnue (Les parents à
Chantal), pourquoi cette époque et pas une que vous
avez connu ? Parce que Chantal existe vraiment, c'est une
fille de pied noirs qui depuis le début aux concerts
de LSD et son frère Richard nous prète régulièrement
des amplis guitare. Il y a toujours à apprendre des
événements qui se sont déroulés
pendant la jeunesse de nos parents, l'esprit voyou ou rebelle
n'a pas d'époque. Si tu veux re-créer l'esprit
voyou de 61 tu n'auras pas le choix, le rythme te seras
imposé par le contexte de l'époque.
A part ça LSD connaît bien son époque,
si tu connais notre discographie ou si tu nous a vu en concert
dans le passé, tu as pu juger par toi-même.
Les trois quarts du répertoire se composent de chansons
à la gloire et à la mémoire de nos
camarades de Paris & de banlieue.
Vous êtes passés deux fois à "France
Inter", qu'est-ce que ça vous a fait ?
Ca ne nous fait rien parce que ce n'est pas suffisant mais
c'est déjà mieux que rien. Chaque fois que
tu peux nous entendre à la radio cela signifie qu'un
obstacle a été franchie par LSD et que notre
combat continue contre la maffia audio-visuelle et radiophonique.
Comment expliquez-vous votre
évolution musicale ?
Il y a pas a proprement parler d'évolution musicale,
nous sommes un groupe de Rock'n'roll, depuis trois disques
nous avons fait appel à Michel, sax, pour le faire
jouer sur les morceaux là ou il est indispensable,
sur les Reggae/Ska, Jazz/Swing. D'ailleurs tu as pu remarquer
que tous les groupes OI! Français s'y mettent aussi
depuis quelques temps et recrutent des saxos, que ce soit
"Brutal Combat", ou "Evil Skins". Michel
a aussi enregistré avec "Raff" (très
bon disque, Ndlr) de Limoges sur leur nouveau 33.
Les problèmes de LSD
en concert, ça existe toujours ?
Le temps des braquages avant et après les concerts
est révolu et chaque fois que ça c'est produit
cela s'est passé sur Paris & en banlieue, mais
jamais en province. Quoi qu'il en soit, il n'y a rien d'autre
à dire à ce sujet car LSD doit beaucoup de
respect & d'amitiés aux Skins des Halles, à
la bande à Gilles et à Chris de Blaise parce
qu'ils ont toujours pris la défense de LSD et ils
ont médiatisé à leur manière
LSD.
J'imagine que vous avez des bandes enregistrées en
concert, pourquoi ne pas en faire un disque ?
Pour l'instant un manque de moyens financiers pour réaliser
un tel projet, nous empêche d'y penser sérieusement.
Si tu connais des gens possédant un enregistrement
de nos deux passages à Toulouse (80/82), à
la salle de la piscine qu'ils nous les fassent parvenir
car ils manquent à nos archives. (J'espère
que cela sera entendu ! Ndlr) !. A notre connaissance il
existe tout un réseau de K7 pirate de nos concerts
depuis 82, tu dois sûrement pouvoir te les procurer
si tu viens à avoir ce genre de documents.
A Paris, il y a une mini société Rock (l'usine)
qui utilise les mêmes personnes dans des groupes différents.
Comment ressentez-vous cette
ambiance ?
Nous connaissons personnellement le chef de rock à
l'usine, bien avant qu'il monte cette asso, puisqu'il faisait
partie de la bande à Gilles, les concerts qu'il a
organisé avec LSD a l'affiche ont toujours été
une réussite pour l'année 86, le seul échec
fut causé par la police qui interdit l'entrée
du concert de l'usine au squatt de la mairie de Montreuil.
Depuis le retour de LSD sur la scène Parisienne et
dans les concerts de l'Usine, des éléments
malveillants dans l'entourage de certains groupes de la
capitale se désolidarisent de "Rock à
l'usine", LSD soutient "Rock à l'usine"
parce que "Rock à l'usine" organise des
concerts pour LSD. Pour le mêmes raisons LSD soutient
les initiatives de "Warhead", de "Paris bar-rock"
et "Music 87". Cela dit, il est vrai que la tendance
des groupes actuels n'est pas celle de LSD, puisque la mode
est à la boite à rythmes et de jouer dans
plusieurs groupes à la fois en espérant qu'un
groupe marche plus qu'un autre pour décrocher la
timballe et les pesetas. Chaque groupe a son idéal,
à l'heure actuelle, pour LSD, ce n'est ni plus ni
moins que de préparer un nouveau disque et faire
des concerts en France, Canada et en Europe. Quant aux concerts
a l'Usine, ils sont sans problèmes, ou, si tu préfères
sans braquages, même à ceux de LSD, à
ce niveau là il y a eu évolution.
Vous avez une réputation
de groupe de la rue, qu'en est-il maintenant ?
Nous connaissons évidement bien le milieu ou nous
évoluons. Notre réputation est ce qu'elle
est avec tout ce que ça comporte de surfait et d'authentique,
de vrai et d'exagéré. Nous avons individuellement
autant de qualités humaines que de défauts
! La rue ne nous appartient pas exclusivement et nous ne
pouvons la revendiquer éternellement, c'est le territoire
d'une partie de la jeunesse et c'est le décor de
notre vie quotidienne. Mais on ne doit pas s'arrêter
a ce point, il ne faut pas que les rebelles deviennent des
adultes charclods ! Les rebelles ne doivent-ils pas essayer
de conquérir le monde ?
Le mot de la fin ?
Salut à tous, RV pour Tournefeuille, avant nous serons
à Saintes le 14 mars, le 10 à Lyon pour une
TV et le 6 à Issy les Moulineaux...