Est-il nécessaire de présenter
La Souris Déglinguée ? LSD est un des premiers
groupes souterrains français et certainement le dernier
de la fin des 70's existant encore. Malgré une image
toujours assez controversée (ce qui lui a valu d'être
plus ou moins boycotté des zines pendant une certaine
période), La Souris continue son chemin en ayant accepté
son public, même le pire. Les textes parlent toujours
de la réalité, du concret, du voyage, du VECU,
de la jeunesse, de la France, de l'Asie. La Souris, groupe
cosmopolite, toujours sans étiquette politique (n'en
déplaise à certains !), musicale (LSD a su éviter
de se cantonner à un style musical bien défini
- punk, oi, rap, reggae, jazzy, swing, bop ), et look,
demeure un groupe résolument à part et internationaliste.
L'interview a été réalisée le
12/12/92, à la MJC de Maison-Alfort, 94, banlieue de
Paris, capitale provinciale de l'Empire Eurasiatique. Elle
est dédiée à une partie de la jeunesse
de France, de partout et d'ailleurs, et de l'International
Raya Fan Club.
Présentation.
C'est Tai Luc qui parle, c'est Bernard qui filme, c'est Rico
qui prépare la liste des invités avec Bernadette,
puis Béatrice..
C'est pour quoi la vidéo
?
On collectionne les bandes qui nous concernent. Et un jour
on fera quelque chose avec. C'est ce qu'on a fait avec la
vidéo de Rangoon-Lhasa, qu'on a fait il y a 6 mois.
T'as une partie qui est cinématographique et puis t'en
as une autre, c'est du matériel comme ça.
Rapide historique du groupe
?
Ca démarre en 79, ça continue en 92. On a démarré
avec pleins de groupes et maintenant il n'y a plus personne
sur la ligne d'arrivée.
Comment avez-vous vécu
l'évolution de la scène rock française
depuis les débuts ?
On l'a vécu à notre manière, à
notre vitesse, et justement sans trop tenir compte de son
existence. Parce que les gens qui étaient inclus dans
un mouvement et qui ont puisé leurs forces justement
dans ce mouvement, aujourd'hui quand ce mouvement n'est plus
au rendez-vous, ils ne sont plus là non plus. Alors
que nous, on était pas là dans des mouvements
particuliers, on est toujours là.
J'ai l'impression que vous avez
toujours voulu vous tenir plus ou moins à l'écart
de cette scène, pourquoi ?
C'est pas qu'on a voulu se tenir à l'écart,
c'est que par notre profil disons musical, et les idées
exprimées, on était plutôt mis à
l'écart. Voilà.
Vous ne vous y retrouvez pas en fait ?
Non, et puis je crois qu'on a développé une
certaine forme de particularisme.
Quels sont vos influences et
groupes favoris ?
Moi j'écoutais de tout en matière de Rock'n'Roll.
Ca serait trop long pour énumérer. Il faudrait
un bottin pour écrire tout ça. Le rock'n'roll
si tu veux.
En gros, quels sont vos groupes phares ?
Non non, je ne vais pas dévoiler la potion secrète
de ce qu'on fait. Mais en matière de rock'n'roll, je
crois qu'on connaît beaucoup de choses. On a écouté
beaucoup de choses. On a vu beaucoup de groupes. En matière
de punk aussi.
En fait, influences R'n'R et punk ?
Ouais, c'est ça. Et puis après ça débouche
sur autre chose. Parce que d'un simple point de vue technique,
quand tu t'amuses à programmer une boite à rythmes
ou quand tu demandes à un batteur de jouer, tu fais
un truc de R'n'R ou bien que ce soit Rockab', Psycho et tout,
tu ralentis le tempo, donc le batteur joue moins vite, après
ça devient du reggae. Donc c'est là qu'il faut
se poser des questions : qu'est ce que le R'n'R ? Qu'est ce
que le beat du reggae ? Est-ce que la différence c'est
seulement une histoire de vitesse ? c'est tout.
Et la musique, c'est un peu ça. D'un point de vue technique,
ça ne réserve pas tellement de surprise, parce
qu'en fait ça se résume à peu de choses.
Par contre, ce qui est original dans les groupes souvent,
c'est certains arrangements musicaux, au niveau de la mélodie,
des harmonie, et puis surtout au niveau des textes. C'est
ça qui fait qu'un groupe se distingue d'un autre, c'est
quand celui qui est chargé de faire les textes fait
un effort pour les écrire.
Quel est le meilleur souvenir
d'un concert ?
Moi les concerts, je les oublie progressivement les uns après
les autres. Et je crois que le meilleur concert c'est celui
qu'on va faire ce soir.
Et le pire ?
On n'a jamais fait de concert pire au sens dramatique, où
il y a eu des homicides involontaires. Et ça je tiens
toujours à le rappeler aux gens qui ont une certaine
appréhension à venir aux concerts. C'est que
le seul mort qu'il y ait eu à un concert, c'était
au concert de Téléphone en 77. Et c'était
un concert de Téléphone, pas au nôtre
!
D'où te vient l'inspiration
pour les textes ?
Je ne me casse pas la tête, je fais appel à des
souvenirs collectifs. Il y a certains événements,
par leur qualité plus que par leur actualité,
ça veut dire que ça peut être des événements
qui se sont passés il y a 10, 20, 30, 40 ans, ou simplement
2 mois, et quand ça me touche parce que je trouve qu'il
y a une force dans ces événements, et bien effectivement
ça peut produire des chansons comme "les Rues
de Pékin". Quand t'écris un texte, pour
que la chanson sonne vrai, il faut que ça se passe
comme ça., sinon c'est un roman, c'est de la littérature.
Tu vas souvent en Asie ?
Dès que financièrement c'est possible, j'y vais,
ouais bien sûr.
Et t'es allé dans quels
pays ?
Thaïlande, Birmanie, Tibet, Chine, Mongolie, URSS,
Et tu parles plusieurs langues
?
Je parle plusieurs langues, mais j'en cause pas une seul bien.
Si tu veux, je suis pas perdu, je suis dans la forêt,
je suis jamais perdu.
Pourquoi ne prêtez-vous
pas plus attention au prix des places de vos concerts, qui
est en général à 80, 90 F, ce qui est
assez cher ?
Dans la vie, tout coûte cher de toutes façons.
On a rempli un petit contrat avant de venir ici, et on a demandé
à moi et à mes copains "quel était
le prix des places qu'on voulait pratiquer". Et nous
n'avions aucun idée à ce sujet là. Et
je crois que ce n'est pas ça qui est important. Ca
c'est une question à résoudre avant de venir
au concert.
A combien de ventes en est l'album
"Banzai" ?
On a vendu beaucoup de "Banzai", mais on est en
conflit avec la maison de disques (ndlr : Musidisc) parce
que je pense qu'il y a eu une tricherie. A ce niveau là,
il y a eu une "great R'n'R swindle", c'est la grande
escroquerie du Rock'n'Roll. Les rapports que les groupes ont
avec les maisons de disques ne sont jamais très, très
francs. Nous, on a une certaine franchise au niveau de l'expression
musicale, mais eux contractuellement, ils essaient toujours
de nous avoir. Ce qui fait que je ne pourrai jamais réellement
te dire les ventes de "Banzai". Mais, par rapport
aux bruits que t'as entendu sur le chiffre atteint, il y a
une moyenne à faire entre les 30 000 et les 60 000.
Comment t'expliques ce succès
?
Je n'explique rien. J'ai pas contribué à ce
succès. La vente d'un disque, c'est le travail de la
maison de disques. Sinon, tu peux avoir du succès sans
faire de disque aussi. Nous, pendant les années 79
à 81, on n'a pas fait de disque. Ca n'empêche
pas les gens, quand ils venaient aux concerts, comme quand
on a joué à l'Opéra Night le 7/1/81,
ils connaissaient tous les morceaux. C'est pas le problème.
La réussite commerciale, c'est complètement
artificiel. C'est parce que t'as des gens qui ont investi
de l'argent sur toi, ils ont payé des encarts de pub
et tout, et après t'as un rendu qui fabrique la réussite
professionnelle. Mais ça, disons que matériellement,
c'est beau, mais c'est complètement factice. Quand
tu sais comment ça fonctionne, tu rigoles.
Et puis, de toutes façons, je sais que tu fais un fanzine
sur la musique, et moi que je joue dans un groupe avec mes
collègues, mais dans la vie ce n'est pas ce qui est
le plus important. Ce qui est le plus important dans la vie,
c'est justement d'avoir la chance d'exprimer tes idées,
et de les vivre. C'est ça qui est important. C'est
à dire que moi, quand j'écris une chanson, au
niveau du texte, tu ne peux pas imaginer combien il y a de
voyages derrière. Que ce soit pour une traversée
de la banlieue, une traversée de la France, une traverse
de l'Asie. "Le Grand Voyage", c'est pas une chanson
gratuite, chaque mot qui est dans la chanson, je sais ce que
ça veut dire ! Et les gens qui ont eu la chance de
faire la même chose que moi, ils savent que la chanson
est authentique, véridique.
Est-ce que vous vivez du groupe ?
Il y a des jours avec et des jours sans. On est un groupe
qui n'a pas trop à se plaindre.
Est-ce qu'il y a des membres
du groupe qui travaillent à côté ?
Ca dépend des gens du groupe, ça dépend
du standing que tu veux avoir. Mais là, tu rentres
dans des considérations qui n'ont rien à voir
avec la musique. Là, c'est un déballage que
tu fais quand tu vas à l'Agence Nationale Pour l'Emploi.
Nous avons demandé à Tai Luc ce qu'il pensait
de certaines personnes qui qualifiaient LSD de groupe ambigu
à une certaine époque. Pour éviter que
l'interview ne prenne la tournure d'une "justification"
trop longue, nous avons sélectionné certains
passages de sa réponse :
" je suis né de père vietnamien et
de mère française. Mon père est venu
en France, je suis né en France Normalement,
j'aurais dû naître en Asie, je suis là
par hasard Et il y a beaucoup de gens qui peuvent se
poser des questions sur le sens de certains textes, mais le
plus souvent ils sont dans l'erreur. Ils analysent mal ce
que l'on fait, ce qui aboutit à de fausses images du
groupe. De toutes façons, c'est le paradoxe de l'artiste
qui est celui des images qui se fabriquent à partir
du groupe qu'il y a sur scène et des gens qui viennent
voir le groupe . C'est simple, j'écris sur ce
que je vis, c'est à dire en France, et j'écris
sur d'où je viens, c'est à dire l'Asie. Et si
c'est ça l'ambiguïté, et bien ça
va durer encore longtemps. Mais comme je te l'ai dit, je considère
que faire un concert, faire un groupe, faire un fanzine, ce
n'est pas important. Autrement dit, réfléchir
sur tout ça, c'est encore moins important. Les gens
qui se posent des questions sur ce qui n'a pas d'importance,
ça échappe à ma conscience. Je suis loin
de tout ça. C'est bizarre parce que je suis dans un
groupe, je joue de la guitare, ce soir je vais jouer pendant
1h1/2, mais moi je suis à des kilomètres de
tout ça ! Mais ça me plait bien de jouer de
la guitare, mais il n'y a pas que ça dans la vie ( ).
Je ne fais pas de la démagogie. Le peuple je m'en fous,
je ne sais pas ce que c'est que le peuple. Je ne suis pas
là pour faire plaisir aux gens. Par contre, dans les
chansons, j'essaie toujours de rendre hommage à des
gens qui nous ont vachement aidé. Des gens qui peuvent
être contestables, ou qui peuvent être vachement
aimables. Mais du moment que j'ai décidé qu'il
fallait que je les respecte, je les respecte Bon, je
ne vais pas te dire qui c'est, dans les chansons c'est globalisant.
Je ne veux pas m'expliquer non plus. Tu vois, en 79, il y
a eu une chanson qui s'appelait "Yasmina" et il
n'y a personne qui m'a dit "pourquoi t'as fait une chanson
sur une petite reubeu des cités ?" Simplement,
je te dirai la même chose, comme il n'y a personne qui
me pose des questions là dessus, je vois pas pourquoi
je répondrais sur "Saint-Sauveur" ou "Soldats
Perdus". Si tu veux, au niveau de ce que je fais, je
suis l'avocat du diable ! Mais bon, à chacun son truc.
Il y en a c'est de faire rire les gens, il y en a c'est de
jouer du violon sur scène, mais moi c'est pas ça
généralement les gens qui développent
les rumeurs ne connaissent pas les textes. Ils développent
des opinions sur le groupe par rapport à des époques
qu'ils n'ont pas vécu."
On ne parle plus de la Chine depuis les événements
de Pékin. Vous avez fait un titre dessus : "les
Rues de Pékin", tu es peut être plus au
courant des problèmes en Chine ?
Ouais, j'étais en liaison permanente, on connaît
pas mal de gens là bas qui nous téléphonaient
tous les jours de Pékin. Donc j'étais au courant.
Et puis là, je sais pas si t'as vu à la balance,
t'as un jeune homme qui a participé aussi à
l'enregistrement, il s'appelle Ma Desheng et lui ça
fait une dizaine d'années que je le connais, depuis
81. Si tu veux, là c'est pareil, "pourquoi avez-vous
fait une chanson sur les événements de la place
Tien An Men ? Pourquoi y a t'il un chinois qui est venu chanter
avec vous ? Pourquoi ci, Pourquoi ça ?" Peut être
que parmi les gens qui répandent des rumeurs sur nous,
il y en a qui trouvent que c'est bien qu'en 89 le gouvernement
chinois ait tué beaucoup de gens sur la place Tien
An Men ? Peut-être qu'il y en a qui pensent ça
après tout ? Mais là, je ne pourrais jamais
être d'accord avec eux, parce que moi je dis que c'est
un crime !
Je m'amuse un peu là, je fais de la rhétorique.
Je voudrais que les gens qui répandent des rumeurs
sur nous aient un peu, au moins, le courage de leurs idées
à eux, au lieu de déformer l'image du groupe.
Mais je ne pense pas qu'ils aient le courage de leurs idées.
Et comment est la situation
en Chine maintenant ?
En Chine, le gros problème c'est que c'est une dictature
qui marche malheureusement. Vu qu'il y a une certaine forme
de libéralisme économique, que les gens peuvent
faire un peu d'économie de marché à leur
échelle, du coup il n'y a pas de gens qui crèvent
de faim. Donc, le problème de la dictature en Chine
est très difficile à résoudre. Dans la
mesure où les gens en Chine ont plus des préoccupations
de réussite économique que de liberté
démocratique, et ça c'est le problème
des chinois.
A ton avis, ça n'évoluera
pas alors, en fait ?
Non, je ne suis pas chinois, mon père est vietnamien.
Je ne sais pas, je ne suis pas devin. Mais j'ai bien peur
qu'en Chine, la dictature a bien emmuré les gens intellectuellement.
En Asie, les seuls pays qui marchent sont ceux où tu
as une dictature politique, une absence de démocratie,
et une certaine forme de liberté économique.
C'est malheureux à dire, mais c'est ça.
Ce qui m'avait paru bizarre, c'est que quand j'avais discuté
avec un chinois des événements de Pékin,
il pensait que justement s'il y avait eu des événements,
c'est parce que le gouvernement n'était pas assez dur.
Ca c'est ce qu'on appelle des chinois qui sont légitimistes,
c'est à dire qu'ils adoptent le point de vue officiel
du gouvernement. Mais en France, t'as aussi pleins de gens
de droite et de gauche qui pensent que la Chine doit rester
une dictature, bien muselée, bien contrôlée.
La chanson "Relou"
c'est pour qui ?
"Relou" c'est pour un copain, un de nos fidèles
supporters des années 80 et qui officie maintenant
dans différents sound-systems et qui toaste remarquablement
bien. Il a fait une chanson qui s'appelle "Arabica",
c'est un jeune homme qui s'appelle Peter Brada. Ensuite il
y a une autre personne qui est mentionnée dans la chanson
"Relou", comme la première que je viens de
citer, et je profite aussi de l'interview pour leur faire
une petite dédicace très, très spéciale.
C'est lord Zelko qui est programmateur sur Radio Nova et qui
est aussi le DJ du sound-system King Dragon. Ces deux personnes
que j'ai cité, c'est les anciens du noyau dur qui défend
La Souris.
Je crois que la voix de la fille
qui chante sur Rangoon-Lhasa a été enregistrée
en Birmanie ?
Absolument, ouais. Donc elle n'est pas là ce soir,
elle est restée en Birmanie.
Et il n'y a pas une autre personne
qui peut faire la voix en concert ?
Non, c'est impossible. Et ce serait très dur techniquement.
Pourquoi vous voit-on si peu dans les zines ?
Justement, je pense qu'il va y avoir un excellent article
sur nous dans "Maximum Rock'n'Roll", que j'invite
tout le monde à acheter au mois de janvier 93, qui
a été écrit par Luk Haas, qui est un
correspondant du fanzine américain. Donc voilà.
Et puis je crois qu'un fanzine, c'est fait pour les groupes
qui démarrent. Nous on n'est pas un groupe qui démarre,
on est un groupe qui persiste. Donc on n'a pas à envahir
les fanzines. Les fanzines c'est la première marche
pour les groupes. On n'a pas à squatter les fanzines.
Nous, on a d'autres trucs à faire. Par exemple, quand
la maison de disques refuse de produire notre bulletin d'info,
et bien nous on doit le produire. On doit faire parler de
nous d'une manière plus à notre niveau. Il faut
qu'on fasse des fanzines vidéo, cinématographiques.
Par exemple, comme ça ! (ndlr : désignant Bernard
qui est en train de filmer l'interview)
Le prochain album c'est pour
quand ?
T'as une compilation qui s'appelle "I only play rock'n'roll
for kids " qui est un hommage rendu à Johnny
Thunders par différents groupes français et
étrangers. Il y aura un morceau qui s'appelle "Fille
de New-York". Le prochain album de La Souris, ça
va être un remix d' "Aujourd'hui et Demain"
83 qui sortira en 93. Il y aura des nouveaux mix. Mais, ça
va faire très très mal, car en 83 c'était
l'empire de la drogue pour les ingénieurs du son, mais
en 93, les mêmes ingénieurs du son sont moins
accoutumés aux psychotropes, donc ils vont produire
un meilleur travail. Et c'est là que le disque "Aujourd'hui
et Demain" que t'as écouté il y a très,
très, longtemps, qui était un disque Punk. par
excellence, qui était déjà criminogéne,
et bien en 93, ça va devenir un album non seulement
criminogène mais aussi très dangereux ! Parce
que les gens vont enfin entendre les paroles qu'il y avait
dessus, et entendre les instruments qui ont été
enregistrés à l'époque et qui à
cause de la condition de drogué des ingénieurs
du son, n'avaient pas rendu l'effet voulu.
Il est bon quand même
comme album.
Ouais, il est bon, mais là il va être meilleur.
Il va être encore plus dangereux.
Les morceaux sont pareils musicalement
?
Il n'y aura pas de tricherie parce que les instruments sont
ceux qu'on avait à l'époque. Mais attention,
le mix va être terrible pour beaucoup de gens ! Les
gens vont avoir mal aux oreilles ! Et pour ça, j'aimerais
dire merci au Studio Garage.
Sinon il n'y a pas de nouveaux
morceaux composés depuis "Banzai" ?
Si, il y en a pleins. Mais ça c'est du domaine du secret.
Enfin, le secret, on peut l'éventer. Alors t'as une
chanson qui va d'appeler "Sabailand", c'est la suite
de "Bangkok" grosso-modo. Il y en a une autre qui
va s'appeler "Kuomintang", qui est un hommage aux
armées du Kuomintang qui se sont réfugiées
en Birmanie en 1949. Une autre qui s'appellera "Perdue
Dans le R.E.R" qui un hommage rendu à une jeune
fille japonaise qui s'est faite assassiner à Genevilliers
à la station RER. Comme quoi il y a des salauds sur
terre.
Si t'avais "Une Cause à
Rallier" ce serait quoi ?
Je ferais en sorte que la France, note bien ça, ça
devienne la Mongolie ! Je l'ai dit dans un bulletin d'information
qui s'appelle Lima Sierra Delta N°22. Ca serait la solution
à tous les problèmes actuels, sociaux, politiques,
urbains. Il ne faut pas oublier que le mot politique vient
du grec "polis" qui veut dire la ville. Donc tout
ce qui est politique, c'est toujours des problèmes
à cause des villes, puisque ça naît dans
les villes, sur la place publique, l'agora. Et moi, je crois
que la meilleure façon de résoudre tous les
problèmes qu'il y a dans une ville ou des cités,
c'est de tout raser ! Il faut raser les villes ! Lyon, Marseille,
Paris, Brest, Toulouse, Montpellier Il faut tout raser
! Et après tu transformes tout, tu fais des pâturages
dessus, et ça c'est ce que faisaient les mongols. Quand
ils envahissaient une ville, ils la pillaient de fond en comble,
et après leur ambition n'était pas de l'habiter,
mais de la raser. Et après de mettre des pâturages,
faire paître des troupeaux Et je crois que c'est
ce qu'il y aurait de mieux à faire en France. Et tout
le monde à cheval, d'ailleurs il y a Alain des Vierges
qui était venu nous voir en concert à Montpellier
à cheval. Et tout le monde habitant dans des yourtes.
C'est quoi les yourtes ?
C'est le principal habitat mongol, c'est la tente. Voilà
mon souhait le plus vif pour les années à venir.
Les prochains concerts auront lieu sous une toile de tente
aussi, parce qu'il n'y aura plus de ville, plus rien. Et puis
aussi des fanzines écrits sur des peaux de bêtes.
Le mot de la fin ?
Et bien, on peut recommencer l'interview si tu veux ! (rires)