Tai Luc, chanteur
de LSD a bien voulu répondre à nos questions
lors de son passage à la radio Canal 9.
Formation :
Jean-Claude à la batterie, Jean-Pierre à la
guitare, Rikko à la basse, Michel au saxo, et Tai Luc
à la guitare et à la voix.
"Banzaï" cartonne
bien, pensiez vous à un tel succès ?
On n'a rien fait pour, on a fait ce qui nous plaisait. C'est
La Souris en 91, de même qu'il y a eu La Souris en
81. Dix ans après on est toujours là.
On constate un nouveau son,
dû en partie à l'apport des cuivres. L'avez
vous beaucoup travaillé pour sortir un LP aussi diversifié
?
Non, on n'a rien fait de spécial pour qu'il sonne
comme ça. Chacun par rapport à son instrument
apporte sa touche personnelle.
Quels sont ces instruments
traditionnels mêlés aux vôtres ?
Il y a notamment le xioruan, que j'ai déjà
utilisé sur la scène du Bataclan. C'est une
sorte de mandoline chinoise que j'utilise sur "Banzaï".
Sinon, du point de vue vocal, il y a trois ans en Birmanie,
j'avais enregistré une fille qui chantait tellement
bien qu'on a construit un morceau autour de sa voix ("Rangoon
Lhasa"). Grâce aux nouvelles techniques, on a
pu recaler sa voix sur la musique.
Votre album sonne quelque
peu rap, pensez vous que ce soit une nouvelle musique rebelle
?
On en parle beaucoup, ça existe depuis 10 ans, mais
en 81 on avait d'autres chats à fouetter. C'est à
cette époque qu'a débuté le psycho
via les Meteors, donc on avait des trucs plus percutants
à écouter que Grand Master Flash et autres.
Notre appréciation de la musique noire a changé
en 87 avec Public Enemy, lorsqu'on a découvert que
la musique noire était autre chose que des bons danseurs
et de la musique sautillante. Il y avait un message, des
paroles sulfureuses, et là, c'est normal qu'en tant
qu'auditeurs, on s'y intéresse. C'est pour ça
qu'on a mis du rap dans l'album, au même titre que
du funk ou du reggae. Ca montre bien qu'après 10
ans, on est toujours ouverts, et non fermés sur un
type musical. Par contre, ma façon de voir les choses
dans mes textes reste inchangée.
Pourquoi avoir fait ce morceau
"Banzaï", avec que des rimes en "aï"
?
C'est par rapport aux jeunes qui rappent ou qui toastent,
qui assurent au niveau du style et qui s'écoutent
trop parler, qu'à la fin ça n'a plus de sens.
C'est vrai qu'ils sont bons pour le jonglage verbal et pour
les rimes. Mais ce qui importe c'est l'impact du texte,
pas les rimes. Quand on a démarré, on faisait
des textes sans rimes (Cf "Dernier pogo à Paris"),
et pourtant c'était quand même des chansons.
Le pouvoir des mots il n'est pas dans la terminaison, il
est dans leur sens. Dans "Banzaï" j'ai voulu
tourner en ridicule ceux qui veulent accéder au pouvoir
par la rime, et j'ai utilisé une seule rime, "aï".
(148 en tout)
Pourquoi ne voit on pas souvent
LSD à la TV ?
C'est parce qu'on ne connaît pas assez de monde qui
bosse à M6, A2 ou autres. Mais on arrive de temps
en temps à s'incruster. De toute façon, ça
peut encore changer, les programmateurs peuvent encore devenir
intelligents.
On retrouve souvent des invitations
au voyage vers l'Orient et l'Asie. D'où vient cette
passion ?
C'est en grande partie du à moi car je suis Eurasien.
Lorsque je parle de Rangoon, ou même de Paris, j'invente
rien, j'en parle comme de quelque chose qui est assimilé
depuis longtemps, ça fait partie de ma culture.
Quels sont vos projets ?
Des concerts, Paris et banlieue, à partir de juin.
Sinon, on prépare un film autobiographique avec des
clips ("Bangkok", "Relou", "Tsingtao
et Heineken" ), des images d'archives et d'autres
plus récentes.
Voilà, pour cette interview
de Tai Luc. J'espère que vous en savez un peu plus
sur La Souris Déglinguée et leur dernier album
en date : "Banzaï" (Musidisc).