Ca fait un moment
que je peux lire sur les murs de Paris : "L.S.D."
et puis qu'aujourd'hui, elle et lui et toi et moi, on est
toujours des étrangers. Seulement, voilà ! Demain,
"Le parti de la jeunesse" bourdonnera encore dans
nos oreilles. Alors, comme vous et eux on se pourlèche
les babines de bruits et de graffitis, je suis allé
voir si les chocs n'avaient pas éclaté leur
pare-brise au quai de la gare.
Taï Luc c'est quoi ta première guitare ?
Taï Luc : Une imitation japonaise avec deux micro humbucking.
Quelle marque ?
Taï Luc : Harley Davidson.
Ta guitare préférée
?
Taï Luc : Celle qu'on me donne quand je joue : une Melody
Maker 59.
L'adresse de ton coiffeur ?
Taï Luc : Rue de Nancy.
Emploi du temps d'une Souris
?
Jean-Pierre : Réveil 10h, travail dans la B-D, répèts,
interview, concerts, selon ce qui se présente.
Taï Luc : Chercher un emploi, mais il parait que j'ai
pas le physique pour...
Comment s'est fait votre troisième
album ?
Jean-Pierre : On a travaillé avec des gens qui étaient
plus dans le coup, qui ne comptaient plus les heures de sommeil
en retard. Il y avait trois ingénieurs du son qui se
relayaient, un qui est venu faire deux titres : "Lili
Marleen" et "Marie-France", parce qu'il a plus
la patte variété.
Taï Luc, ton voyage récent
en Chine, est-il en rapport avec "Malaysia Hotel"
et "Le parti de la jeunesse", qui ouvre une des
faces de l'album ?
Taï Luc : Ca n'a rien à voir. Mais au niveau musical,
ça a eu des répercutions, les idées,
je les avaient déjà avant. En fait, c'est une
mise au point.
Il y a Marie (ex "Ici Paris")
qui chante sur "Marie-France", pourquoi ?
Taï Luc : On l'a connait depuis longtemps. On l'a vue
en concert quand ils ont fait la première partie de
"Sham 69" en 1980. On a fait des concerts avec eux,
aussi.
Jean-Pierre : En fait, ça failli être elle ou
Frédérique qui chante sur le 45T d'Eudeline.
Comment marche votre nouvel
album ?
Jean-Pierre : En 15 jours, 4000 de vendus. Il passe souvent
en radio. On a fait des morceaux pour les radios libres qui
les annoncent comme hymnes pour les Skins et, sur Europe 1,
Jean-Loup Laffont passe "Marie-France". C'est vraiment
excellent !
Vous avez prévu une tournée
?
Jean-Pierre : Hervé (le manager), est en train de monter
ça. Mais tu sais, partir à deux groupes pose
beaucoup de problèmes : le matos, le transport, les
chambres d'hotels ; tout ça revient cher ! Jusqu'à
maintenant personne n'a donné du fric à Hervé
pour monter la tournée.
Concert prévu sur Paris
?
Jean-Pierre : Peut-être aux "120 nuits". Ce
serait sucidaire de s'endetter à louer le "Palace",
comme d'autres groupes l'ont fait, et jouer devant 150 personnes.
Ca vaut pas le coup ! On est là pour gagner de l'argent,
pas pour en perdre. Mais jouer au "Palace" c'est
quand même un bon plan. Simplement en première
partie de "Gun Club", par exemple comme on l'a fait.
Vous êtiez interdit de
jouer à Paris ?
Taï Luc : C'est une réalité ! On ne peut
pas jouer au Forum, dans le métro ou à Beaubourg,
on pourrait peut-être au théatre Sorano à
Vincennes.
Jean-Pierre : Quand il y a eu les nuits du rock l'année
dernière à l'Olympia, Barrière voulait
qu'on viennent jouer sans être annoncé, en douce
comme ça !
Et quelques jours plus tard...
On apprennait que "La Souris Déglinguée"
prenait le diable par la queue en donnant un concert au théatre
du Forum des Halles le 18 décembre, avec en première
partie "Les Goulues". Nous y sommes allés,
c'était l'enfer !