Rongeur teigneux,
rocker hargneux Dirigé par un moine-soldat
prénommé Tai Luc, LSD, né des squatts
et du punk, poursuit son combat en dolby stéréo,
mais sans états d'âme. Le dernier album du groupe
"Banzai" (30 000 albums vendus), entre rap et rock,
reste dans la juste ligne. La rue, rien que la rue. Entretien
philosophique avec Tai Luc, le chanteur leader.
Deux bonnes raisons d'écouter
LSD en 92
D'abord, parce que notre musique est intemporelle, et ensuite,
simplement parce que nous avons une chanson où l'on
dit "nous serons encore là en l'an 2000".
On va devoir nous supporter encore quelques années,
dans le sens anglais et français du terme.
Molodoi-LSD, même combat
?
François Molodoi est de moins en moins loin de LSD,
alors que dans le passé, avec Bérurier Noir,
il en était à des années lumières.
Vu qu'il se rapproche de nous, on peut dire qu'il y a un
axe. Lui Berlin, nous Tokyo (rires).
Le Tibet .
Dans les années 50-60, la grande cause révolutionnaire,
c'était le Viêt-Nam ; aujourd'hui, c'est le
Tibet et l'Afghanistan. Tous les mois, en compagnie d'une
poignée de gens, je manifeste pour la libération
du Tibet devant l'Ambassade de Chine. Cette manif, hélas,
intéresse moins les médias, et donc l'opinion,
que les concerts de SOS Racisme.
Drogues
Je trouve formidable que les narcotrafiquants financent
la guérilla avec l'argent de la drogue, mais cela
dit, il faut faire gaffe et ne pas tomber dans le piège
de la drogue en Europe, car souvent, dans son sillage, y
a le sida. Le conseil que je donnerais aux "collègues"
qui sont accoutumés à ces choses pas positives,
c'est d'être vigilant. Les autres, qu'ils crèvent
!
Nostalgie ?
Personnellement, je vis bien avec mon époque
Bien sûr, je réécoute parfois Sham 69
et je me suis acheté l'intégrale de Gene Vincent
and his Blue Caps, mais je suis à l'écoute
de tout ce qui se dit puisque aujourd'hui, les gens chantent
moins et sont plus dans la diction et les allocutions rythmiques.
Comme le raggamuffin par
exemple
Je préfère le rap. Dans le reggae, ils sont
plus rengaine car il y a une petite mélodie. En 72,
quand j'étais en Angleterre, je détestais
la musique jamaïcaine : reggae, ska Depuis, j'ai
corrigé mes erreurs, car cette musique fait énormément
de bien à tout le monde.
Tu n'es pas vraiment chanteur
Je n'ai pas le larynx de Gene Vincent, et LSD c'est pas
le Blue Caps : alors on fait des emprunts, on recycle la
musique des autres sans toutefois nous recycler. Le sampling,
ça fait des années qu'on pratique cela, mais
sans jamais utiliser le support original : on le rejoue,
simplement. Quand le punk est arrivé, c'était
vraiment parfait. Avec le rap, on retrouve la même
paresse mélodique, et ça nous convient.
Livre de chevet ?
Une histoire romancée de Charles Manson, datant des
années 70 et publiée en anglais par Press
Pocket, dont le titre est "the family". Charles
Manson est vraiment un personnage fascinant dont tu ne peux
pas te lasser.
Disques que tu écouteras
toute ta vie durant ?
"Crazy Legs" de Gene Vincent - difficile de trouver
mieux - et "Animals God of the Streets", un album
de Kim Fowley, sublime mais méconnu.
Ton proverbe chinois ?
Tu ne seras pas un homme avant d'avoir vu la muraille de
Chine.
Restaurants asiatiques préférés
?
Thaï Royal, 97 avenue d'Ivry, 13è ; Thaï
Boranm, 36 rue du ruisseau, 18è ; Thaï Lao,
34 rue de Belleville, 20è ; Krung Thaï, 27 rue
des Meaux, 19è ; et New Thaï Shan, 44 rue de
Torcy, 18è.