Amis du rock'n'roll, bonjour ! Ici La Souris,
qui va vous en faire voir de toutes les couleurs. Vous aimez
le jazz ? Non ? Vous aimerez celui de La Souris, l'histoire
sur fond de piano New Orleans d'Eddy Jones, déserteur
noir de l'armée US, crapule dans le Paris de l'après-guerre.
Vous aimez le twist ? Non ? Vous aimerez celui des "parents
à Chantal", délire sixties sentant bon
la gaudriole. Vous aimez le mambo, le ska ? Non ? Pourtant
il y en a sur ce cinquième album des Parigots, et
vous allez aimer ça. En fait, vous aimez quoi ? Ah,
le rock'n'roll ? Et bine La Souris aux dents longues vous
en sert aussi, version asiatique : "kamikaze Rock"
échevelé pour leurs potes japonais amateurs
de rock et un "En Indochine" (pas d'allusion,
ou très peu) destiné à tous les
immigrés ou Eurasiens (comme Luc) nostalgiques de
l'Extrême Orient. Si vous avez raté les épisodes
précédents, il y a un bon moment que Les Souris
ont déserté le navire punk pour voguer sur
tous les styles qui les inspirent, les amusent. Ainsi deux
tubes potentiels, "La nuit sera blanche" et "La
nouvelle aube" reggae-sak coulant sur "tous les
ados en prison qui ne sont pas les fils d'Alain Delon".
La Souris fait du commerce, et alors ? Ca n'en est que meilleur,
plus accessible, plus clair. Mais La Souris n'est pas devenue
asthmatique et danse encore sur la voix inimitable de Luc
et ses textes, parmi les mieux foutus du rock français
actuel. Il y a longtemps que vous n'avez pas acheté
un disque made in chez nous ? Le voici, encore fumant.