Huitième expérience (plus un live et deux
albums remix) et plus de quinze ans d'existence, voilà
ce qu'affichent ces vieux gangsters de La Souris ! Plus
de quatre ans après l'unanime succès de "Banzai"
(classé meilleur album rock français 1991),
le gang parisien que l'on croyait inébranlable a
pourtant connu quelques péripéties : Jean-Pierre
(rythmique) et Jean-Claude (batterie) sont partis, mais
sont arrivés Cambouis à la batterie (premier
album de Parabellum) et Thierry qui rejoint Muzo dans la
section cuivre.
Tout ce petit monde qui dans le genre envoyé spécial
traverse la planète pour éveiller notre curiosité,
nous surprend une fois de plus. Tai Luc, leader énigmatique
dont l'emprise sur le groupe est de plus en plus évidente,
nous conduit pour un voyage de cinquante-trois minutes dans
toute l'Asie, via la Roumanie ou la Californie, et l'ambiance
est intacte !
On y rencontre des femmes (décidément TL les
admire), des Princesses de la Rue à la Demoiselle
de Vientiane et autres Demoiselles Nipponnes, tout ça
sur fond de sonorités beaucoup moins rageuses que
leur "street music" des années quatre-vingt
! La voix est plus mélodieuse "Tambour et Soleil"
a des accents de "Under the Bridge" des Red Hot,
c'est dire !) mais le cachet La Souris subsiste : Ces riffs
labellisés LSD. Romania 94, Brigitte B . Cambodgienne,
les cuivres omniprésents, le tout enrichi de multiples
petits effets bonifiés par de délicieux churs
féminins (Vénales Fiançailles, hit
évident). Toutefois, les fans de la première
heure ont le droit de regretter la disparition de la guitare
rythmique (notamment en vue des futures prestations live)
et quelques réflexes rébarbatifs (à
mon goût) dans les paroles (du genre "Ecoute
c'que j'ai à te dire ").
Mais cet album est une nouvelle réussite pour un
groupe dont l'évolution (aucun album n'a le même
son) et la longévité inégalée
en France forcent le respect : et puis, ces chansons nous
font rêver et nous donnent envie d'y aller aussi,
tout là bas, tout à l'Est !