La Souris chicote encore
"C'était après l'concert de l'Opéra
Night, à toute l'Aveyronnaise j'avais dit bye-bye,
laissant derrière moi en hibernation, les keupons
et les skins et les totos oï pour aller retrouver ma
fiancée, destination la Chine du Sud ".
Les premiers mots du nouvel album (Granadaamok) de La Souris
Déglinguée, en forme de bilan-programme, annoncent
la couleur. S'il ne renie pas ses jeunes années,
le groupe de Tai Luc a bel et bien opéré un
virage net depuis Banzai, sorti en 1991. il est toujours
question de rock français, mais c'est aujourd'hui
sur un mode bien moins énervé que jadis :
la maturité aidant, les vétérans de
la scène alternative parisienne (presque vingt ans
de service) accèdent à un métissage
qui va de Hong Kong à l'Afrique, avec Paris comme
point d'ancrage. Le rock "blanc" des débuts
se teinte de reggae, les partitions se font plus mélodiques
et les paroles scandées comme des mots d'ordre se
sont muées en chroniques douces amères. Les
dinosaures d'un certain rock français - dit indépendant
- moribond depuis la disparition des Bérurier Noir
en 1989 tentent ainsi de renouveler leur public et même
d'accéder à une plus large audience. Reste
à savoir qui retrouvera ses billes, du public des
premiers temps ou des nouveaux adeptes, au cours des deux
soirées parisiennes que propose La Souris (pas encore)
Déglinguée.