En 72, La Souris en a pris pour dix ans. Dix
ans à surfer sur les vagues successives et aléatoires
du rock pur et dur, toujours et définitivement hors
caste, hors genre, alternatifs par la force des choses, mais
jamais affiliés à quoi que ce soit, francs-tireurs,
héros-héraults de la zone suburbaine parisienne,
porte-parole de tous les laissés pour compte : punks,
skins, immigrés, arabes, chinois, délinquants
juvéniles, quart-monde, voyous, bikers, tous ceux de
la marge unis autour de La Souris pour brandir l'étendard
du Parti de la Jeunesse et de l'International raya Fan Club.
Ils étaient tous là, au Bataclan, pour fêter
dignement, c'est à dire dans la furie joyeuse, l'anniversaire
du gang parisien. Voilà donc deux faces de LSD live,
façon best of baigné de sueur, trempé
d'électricité impossible à maîtriser,
vrillé de vocaux mâlement déterminés,
le tout brut de décoffrage, livré tel quel,
avec les aspérités, les bavures, mais tout le
nerf, tout le sang à l'intérieur. Une borne
franchie bille en tête et la poignée dans le
coin par un groupe historique et néanmoins vaillant.