LA SOURIS DEGLINGUEE.
Granadaamok. Musidisc.
97 dans l'après midi, Taï-Luc et ses hommes
restituent la Chine à Hong Kong et rentrent à
Paris Pogo. Granadaamok, moultième album de LSD réveille
les fantômes de l'Opéra Night pour un flash
back futuriste dans les années Folies Pigalle. Une
fresque syncopée entre génie de la Baston
et Hôtel des voyageurs avec ses Marco Polo zonards
qui s'enivrent d'absinthe imaginaire et Coca Cola en réveil-matin
effervescent pour déchiffonner les figures emblématiques
de toutes les Asies dans le métro, celles dont on
cherchait le parfum en fouillant dans les poubelles renversées
du mauvais sommeil, avant de s'asperger de guitare bon marché
et de colère fraîche. Ce préalable obligé
pour mettre du désordre dans ses affaires avant les
safaris photomatons d'identité, à travers
les républiques populaires de la mémoire et
les territoires rebelles de la culture. Quelques années
de balades en reportages d'or sur les filles de mauvaise
ville et l'Orient expressionniste qui ramenait à
toutes vapeurs le passé vers le futur, et le sourire
du pays au pays de la souris, avec tambour et soleil sur
la météo des plages de disques en attendant
la rentrée des classiques, sous la pluie des guitares
et des éclairs de cuivre qui allaient souligner les
reliefs de Granadaamok, un CD qui braque le rock, pistolet
sur le tempo, avant de lui faire les poches de résistance
; hanoï punk, reggae balajo, mambo rythm'n'blues, ska
tcha tcha, latinokinawa Toute une mitraille de musiques
à se mettre dans les fouilles pour se payer du bon
vieux temps et du souvenir de marque, quand Madness, Santana,
Gégène, Jeff Beck, T.Rex, Azaremba, BBH 75,
les Clash et autres asphalt jongleurs annonçaient
les surlendemains qui chauffent dans les rues de Saïgon,
Carracas, L.A, ou Alfortville et même dans le Paris
seventies des maquisards rimbaldiens qui allaient soigner
leurs coupures d'électricité chez les petites
héroïnes des tragédies glauques, princesses
métisses, jukies lady, guesha ça ira, anges
bleu nuit, attachée de stress et petites surs
de fauves, couchées sur leur matelas de douleur,
au milieu du salon, récitant l'alphabet des paumés
avant de s'endormir.