Kamikaze Story
"LSD n'est pas un groupe normal. C'est peut être
pour ça que nous sommes encore là aujourd'hui"
confie Tai Luc. Seize ans après ses tumultueux débuts,
quatre ans après le chef d'uvre "Banzai
!" et malgré quelques remous internes (changement
de batteur, "auto congé" du guitariste, arrivée
d'un second saxo), La Souris Déglinguée accouche
de "Tambour et Soleil". Cet opus majeur et exceptionnel
va bien au delà des clivages rock, rap, R'n'B, reggae.
Outre le CD, un vinyle sera disponible, agrémenté
de deux inédits ("Paris Montréal"
et "Bus N°47") "pour forcer les gens à
revenir à un support beaucoup plus esthétique".
Encyclopédie vivante des mouvements musicaux des vingt
dernières années, Tai Luc a côtoyé
avec son groupe "de près ou de loin toutes les
catégories sociales et dangereuses. Si le pire des
criminels vient nous voir en concert et me dit après
"j'ai tous les disques de LSD", j'aurais tendance
à le couvrir. Parce que c'est un supporter du groupe.
Et, de toute façon, je ne crois pas en la perfection
sociale et idéologique".
O combien captivants, les textes éprouvent une fascination
certaine pour la jeunesse, les "Princesses de la Rue",
et surtout l'Asie. "J'essaye toujours de faire des imbrications
: c'est toujours l'Europe dans l'Asie ou l'inverse, les français
en Asie, ou les asiatiques à Paris. C'est pas l'apartheid".
D'ailleurs, ne sommes nous pas aujourd'hui dans un resto aux
spécialités vietnamiennes et chinoises, rue
Civiale à Belleville ? Et Tai Luc, dont la mère
est née dans la banlieue nord de Paris et le père
à Saigon, ne porte t'il pas un t-shirt Chinatown ?
Tout se recoupe, finalement.